10 avril 2019

Haroldo de Campos, politiquement concret

C’est à Luiz Carlos de Brito Rezende que nous devons la première traduction française d’un volume poétique dHaroldo de Campos : L’éducation des cinq sens (Bassac, Plein Chant, 1989, « L’enjambée », 88 p.). En quoi il fut suivi, avec la fortune que l’on sait, par Inês Oseki-Dépré, traductrice de Galaxies et de Yugen (Cahier japonais) (à La Main Courante en 1998 et 2000), d'Une anthologie (Al Dante, 2005), mais aussi des essais rassemblés sous le titre De la raison anthropophage (Nous, 2018), et incidemment par l’animateur de ce blog avec Une poétique de la radicalité (Les Presses du Réel, 2010), une copieuse étude sur Oswald de Andrade, comme de juste. Or tout arrive, car voilà que Luiz Carlos de Brito Rezende vient de mettre au point, depuis le Brésil, le manuscrit dun volume présentant en français les recueils les plus récents de l’auteur.
Pendant que les éditeurs se tâteront, on n’est pas mécontent, chez Bois Brésil & Cie, de pouvoir donner la primeur de « Senatus Populusque Brasiliensis », un poème composé et publié en 2001, recueilli dans le volume posthume Entremilênios (2009). Pour n’en pas dire plus, on renverra à l’avertissement rédigé pour la circonstance par le traducteur lui-même ; ses notes sur le texte sont rassemblées sur une page annexe (en lien).
À propos dHaroldo de Campos (1929-2003), avec les préfaces aux ouvrages précédemment mentionnés, le lecteur français trouvera tout d’abord quelques repères bio-bibliographiques dans le petit dossier préparé par Jean-René Lassalle, mis en ligne en 2018 dans l’« Anthologie permanente » de Poezibao. Pour une vue d’ensemble sur les multiples textes de l’auteur parus en français de manière éparse, la notice fournie en 2015 par la librairie Compagnie. Noter que les éditions Nous republient le mois prochain Galaxies, dans la traduction d’Inês Oseki-Dépré avec la préface de Jacques Roubaud.
Voici donc, pourquoi pas, du nouveau.
Avis aux éditeurs, ces amis.
A. C.


« Senatus Populusque Brasiliensis »
dHaroldo de Campos

traduction inédite & notes
de Luiz Carlos de Brito Rezende


Avertissement

Autour de l’année 2001, le Brésil se trouvait — encore une fois, comme de coutume — plongé dans une série de scandales de corruption politique. L’image de la « mer de boue » sous laquelle étaient noyées les institutions revenait régulièrement dans la presse. Le phénomène, cyclique au Brésil, aboutit à l’élection de Lula, l’année d’après... Les choses n’ont pas changé, en dépit de l’immense espoir suscité. Lula et son gouvernement ont préféré ne pas bousculer le complexe réseau de pots-de-vin et d’enrichissement personnel sur lequel est bâti le système économico-politique du pays... Le résultat, après la débâcle du Parti des Travailleurs (PT) qui culmina avec la destitution de la présidente Dilma Roussef, qui avait succédé à Lula, fut la victoire électorale du gouvernement proto-fasciste de Jair Bolsonaro, qui risque, quant à lui, de ne pas durer bien longtemps...
Haroldo de Campos avait déjà un demi-siècle de poésie à son actif quand il écrivit ce poème, dont la formule-titre est issue du SPQR romain. Accusé par ses nombreux détracteurs d’un hermétisme stérile, d’un formalisme de tour d’ivoire, déconnecté des « problèmes réels », il portait en fait, dans son ultra-baroquisme, une vision imprégnée d’un marxisme humaniste et messianique, laquelle n’avait certes aucun lien direct avec les forces politiques en présence, mais qui servait (et sert encore) de miroir critique : une manière de « poésie engagée » peut-être plus efficace que les œuvres « militantes » qui se pratiquaient alors. Haroldo de Campos donnait là une image proprement homérico-dantesque, apocalyptique, de la capitale Brasília... une image qui se rapproche de plus en plus de ce que nous vivons.
Ce n’est d’ailleurs pas dans un supplément littéraire que le poème parut d’abord, mais au beau milieu des pages politiques du quotidien Folha de S. Paulo, en date du 4 mai 2001. Haroldo est mort avant de le voir publié en volume, au sein d’une section intitulée « La muse militante » dans le recueil posthume Entremilênios (São Paulo, Perspectiva, « Signos », 2009).
L. C. B. R.


Senatus Populusque Brasiliensis

1.
il pleut
de la boue sur le
plan-pilote de
brasília
(d. f.) [1] – là où le pied-
-de-valse juscelino (le fondateur)
kubitschek un libéral-pas-
-néo mais capable
de s’extra-vertir vers le
peuple (la « société ») tranquille
adepte de l’art convivial de la tolérance :
capable de discerner – flèche dans le blanc –
le génie singulier de niemeyer
(oscar)
communiste convaincu et cohérent

oscar (niemeyer)
un architecte à la vision constructiviste
(depuis son église de pampulha) mais capable de
courbes : de l’incurvé / des spires / du sinueux – du baroque
équilibre de syntagmes : voir l’amphithéâtre de congonhas [2]
port aérien de lisse pierre-savon où se met en scène
une causerie gesticulante de prophètes
contre le bleu du ciel
ou la rond’albissime chapelle ovale de l’ó
tout en ors et rouges de macao ? [3] une
(peut-être) colombe-derviche virevoltant ses jupons de
blanche dentelle de cambrai tournoyant livide sur
elle-même (la colombe)
naissant dé-naissant dé-mourant (le phénix)
juscelino (le fondateur) aussi capable
de voir dans l’esprit lucide de lúcio
costa l’engendrement de diagrammes quasi-
-icônes d’épures épurées de traits droits
à la pointe sèche de rubis tracés au crayon-rayon-laser
dans un gracieux rythme d’oiseau-mondrian
déchevelant à pic son vol
exact

2.
j. k. le président aérien             chair-man des options
impossibles (dont brasília)
que son ferm voler (sa ferme volonté) [4]
convertissait en de soudaines « utopies concrètes » (ernst-
bloch midrashiste-
-marxiste [5] avec ses « énigmes rouges »
turbinées au « principe-espérance ») –
« envole-toi, nonô [6] » – le saluait la vox populi
épatée par le jamais-capitulant
thaumaturge de la praxis
le magnanime homme d’état sans rancune
capable de pardonner aux abrutis-ptérodactyles
de la mutinerie d’aragarças qui jamais
de leur côté ne lui pardonneraient [7]
juscelino dont le grand-père avait é
poëte bissextile (loué par les étudiants)
pendant qu’il faisait son droit
le planteur de villes polyphytoteucté qui entreprit
de bâtir (acier verre béton) le rêve
visionnaire de don bosco [8]

3.
il pleut sur la capitale fédérale
de la brousse
sur la cartésienne-bureaucratique-
-spermatique-néobaroque capitale zénithale des hautes landes [9]
cité radieuse sous les tropiques entropiques
(ainsi l’a vue max bense [10]         dont le cicerone
dans une tournée-exploration fut le poète-
-ingénieur joão cabral [11]         bense écrivit
alors – sans superbe tudesque – brasilianisches
intelligenz)

la bruine se change en averse
les gouttes dégouttent en gomme en grumeaux
scorie des égouts
vidoir des entrailles
des lunaires palais disco-formes
parmi lesquels se dresse un gros épis d’argent
cou de girafe-gratte-ciel

il pleut
trombe
barbotte
gicle
éternue
agace [12]
la cascade déverse-morve répand de la
boue verdâtre (« de par ma chandelle verte
merdre [13] » – ricane le père ubu
pendant qu’il se soulage) coule mollement la
pâte marron-potiron-jaune-
-excrémentielle amarantoïde-diarrhée en bouillie
fétide

sur la ville sur la cité
sur le senatus brasiliensis
sur les édifices transgalactiques de
niemeyer et le trait de lúcio
sur les cosmonefs de béton
où s’installa un parloir
un (parlement) avant-gardiste
la tempête gicle ébouriffée
trempe les structures lévitantes
entre par leurs conduits et tubes
souterrains où les légi-
fères – d’austères probivires [14] (en
principe) – circulent en transit le long
du labyrinthe formiculaire
des trames chuchotées dans les cabinets dodus
à la pleine lumière de la cour plénière

4.
il pleut de la boue orageuse
sur la capitale
fédérale
une trombe lymphatique boursouflée
comme une « sangsue violacée [15] »
(l’œil météorologique dans l’œil
du typhon          camoëns           poète-marin
la dépeint avec une précision scientifique –
humboldt
baron alexander von – lecteur des lusiades
entre sage et poète
l’atteste)
telle une bête suceuse nourrie
« de la grande charge quelle prit »
dans le colossal fumier de paludes et marais
comme un formidable serpent fluide
ruminant
adossé aux nuages

5.
quand les garants de la loi
ne garantissent rien
quand les pères-de-la-patrie
conspirent sous le masque des apatrides
quand le panneau électronique
– champ détoiles civique –
n’est qu’une vestale violée par l’épée
du gardien qui en a la charge
et se tord et ramollit
telle la montre visqueuse de dalí

quand l’inculpé se déconfesse pour
se confesser à nouveau                   crocodilarmeux
quand le critère de vérité
est celui de la mi-vérité
et que le coupable se dé-culpabilise
à son gré
alors la voix du peuple parle
le chœur des indignés se
soulève : dans l’assemblée plénière un gros écran lumineux
exhibe un vidéogramme incongru peuplé de
spectres :

6.
tiradentes équarri (voir le tableau
gicle-sang de pedro américo [16]
où la passion du lieutenant est re-mise en scène
en forme d’effigie telle un corpus christi)            la tête
sur une pique (pour mieux châtier)
la terre de sa demeure rendue infertile par l’emploi de gros sel
– le conjuré [17] rebelle envoyé à l’échafaud
par le juge venu du royaume
fait sonner avec la corde du pendu un tocsin funèbre
et donne l’alarme
portant à ses mains cadavériques
des lanternes couleur de chair vive-morte

frère caneca [18] – joaquim de l’amour divin – armé
d’obstination et de rhétorique – typhis
/ stupeur / du pernambouc
la feuille où il escrimait sa parole
tendue de figures en révolte –
voyant s’écrouler une autre fois la « confédération de l’équateur »
ré-affronte défroqué (chemise et pantalon en denim
jaune) le peloton qui le fusille
peu avant il avait écrit une
« dissertation sur ce qui doit s’entendre par
patrie »

zumbi [19]
coincé dans son réduit de palmares
par le majeur-des-champs [20]
domingos jorge velho
alias mercenaire chasse-bougres
(pour d’autres un géant bandeirante [21] « ouvre-forêt »)
qui commande en nheengatou [22] / il parlait à peine
le portugais / ses troupes d’indiens esclaves
zumbi neveu de ganga zumba roi nagô [23]
en voyant s’effondrer la palissade
se prépare à répéter
le saut-dans-le-vide
indomptable domptant dans le temps néfaste
la sagaie-mort

et plus proches de nous          nos prochains
les morts d’eldorado-dos-carajás [24]
émaciés comme des bougres
adorateurs de bochique le dieu-soleil [25]
en procession les zombis vers l’au-delà-
-du-sacrifice
voguant dans le radeau tout-or
sur la surface bleu-funeste de l’étang sacré
hantés par le prince du mal fomagatá
prédateur d’hommes aux ongles scorpionesques
et se préparent à répéter le rite carnassier
en soulevant dans leurs mains à nouveau
des cœurs/tournesols arrachés au thorax ouvert
saignés au fil d’obsidienne et
livrés au hasard du dieu

7.
quand ce chœur de fantômes
étranglés            se dé-tait [26]
enfin                   et parle enfin
l’œil agonique
l’archange essoufflé de la réforme
agraire
repoussé en arrière par des prétoriens aux mains sales
à la solde de la gloutonnerie multiséculaire
du pit-bull plantation [27] (tandis qu’aboie
le cerbère tricéphale et que jubile géryon [28]
– que dante pound ernesto
cardenal appellent
usure)

une sirupeuse giclée
explose :
de la boue vert-cannabis
(et au-dessous brasília qui se gondole)
mais éclate
s’échauffe
caustique
la voix du peuple
(tandis que s’insinue un ricanant
refrain qui dé-console)

petrus sapientissimo imperator plus-que-quinquagénaire
redressant son plastron
de toucan-roi [29] / se laisse entourer de
pimpbrokers et de stockjobbers répond
à leurs questions en sept langues vivantes
et cinq langues mortes // sousândrade
dans un des cercles de l’enfer de wall street
asticote l’ogre fini-ricin
et vocifère : – « la fraude est la clameur de la nation ! » // capistrano
de abreu (lélocuteur du refrain qui dé-
console) laissant de côté sa
grammaire de la langue rã-txa hu-ni-ku-in
des caxinaüas [30]
dicte au microphone de la vox populi son :
avant-projet de
constitution de la république fédérative
des états-unis du brésil

article (sans rien y enlever ou ajouter)
premier et unique :
« tout brésilien est tenu d’en avoir honte »


*




Nous donnons ci-après, à titre documentaire, la traduction de la note introduisant le poème dans la Folha de S. Paulo du 4 mai 2001 (ci-contre).

Lisez l’inédit du poète Haroldo de Campos sur la crise au Sénat
Le scandale inspire un poème politique

Par la rédaction

Son indignation face à la crise au Sénat a conduit le poète Haroldo de Campos à écrire un poème que Folha publie en exclusivité (lire ci-dessous). Il s’agit d’un long libelle contre ce qui se passe à Brasília, ville dont la fondation est aussi un thème du poème.
Le titre, « Senatus Populusque Brasiliensis » (en latin, « Le Sénat et le Peuple du Brésil »), évoque le SPQR (Senatus Populusque Romanus) et l’idée de civilité de la Rome antique. Le poème est écrit en minuscules afin d’indiquer l’avilissement de la situation.
Ce n’est pas la première fois quHaroldo de Campos conjugue l’engagement dans la vie publique et l’expérimentation radicale du langage, qu’il a toujours défendue. En juillet 1994, quand il décida de soutenir Lula aux élections présidentielles, il écrivit « Pour un Brésil citoyen », une production qu’il inscrit dans « le genre des poèmes d’agitation de l’écrivain soviétique Vladimir Maïakovski (1893-1930) ».
Haroldo Eurico Browne de Campos est né le 19 août 1929, à São Paulo. Avec Augusto de Campos et Décio Pignatari, il a fait partie du groupe fondateur de la poésie concrète, dans les années 1950 — époque du développementalisme de Juscelino Kubitschek.
La poésie dHaroldo est rassemblée dans des livres comme Xadrez de estrelas (1976), A educação dos cinco sentidos (1985) et Crisantempo (1998). Auteur de plusieurs livres d’essais, il travaille actuellement sur la traduction de l’Iliade d’Homère.

(légende de la photo : « Haroldo de Campos recouvre l’image de ACM [Antônio Carlos Magalhães (1927-2007), alors sénateur, qui dut démissionner le 30 mai] durant la séance de confrontation »)
(illustration du poème : dessins d’Oscar Niemeyer)

(trad. A. C.)

9 mars 2019

De la même auteure, par le même traducteur & chez le même éditeur...

Scandaleuse Pagu

Un nouveau chapitre mouvementé dans l’histoire d’une communiste
Les prouesses insensées d’une écrivaine — Un meeting qui n’a pu se tenir à Santos a donné lieu à un échange de tirs serrés

L’écrivaine Patrícia
São Paulo, le 25 (De la succursale du Diário da Noite) — Un nouvel incident communiste est venu mettre en évidence le nom de l’intellectuelle Patrícia Galvão, une femme au tempérament remuant qui s’est rendue célèbre à São Paulo comme apologiste du désordre.
S’éloignant de la sensibilité d’une femme qui défend les causes de la bonté et de la justice, en protégeant la sérénité et l’équilibre social par la force de sa raison, Mme Pagu, ainsi qu’on appelle également cette écrivaine, s’est à plusieurs reprises associée aux communistes par des prouesses insensées.
On commente encore, par exemple, l’incident que l’on a pu observer, récemment, entre les étudiants de São Paulo, Mme Pagu et l’écrivain Oswald de Andrade.
D’autres antécédents et des faits ultérieurs sont venus démontrer l’étrange volupté de cette femme qui, quoique fraîche et délicate au physique, ne craint pas d’affronter les batailles de coin de rue, où les échanges de tirs font jaillir le sang humain.
À présent nous parvient, dans une dépêche de Santos, un nouveau chapitre mouvementé dans l’histoire de cette ennemie des institutions.

Un désordre communiste
À Santos, la Fédération Syndicale a distribué, le 23 courant, des prospectus annonçant la tenue d’un meeting promu par le Secours Rouge International, section de Santos, afin de célébrer la mémoire de Sacco et Vanzetti.
Le meeting devait se tenir à 19h30 du même jour, place de la République.
La police locale, s’agissant de communisme et, aussi, en application de l’arrêté interdisant la tenue de réunions sur la place publique sans l’autorisation des autorités, a dépêché sur les lieux plusieurs inspecteurs chargés d’empêcher la manifestation prévue.

Mme Pagu en scène
Dix minutes environ avant l’heure fixée, se sont formés des groupes de travailleurs parmi lesquels on pouvait voir Mme Patrícia Galvão, intellectuelle connue, et d’autres personnes tenues pour des éléments communistes. Les inspecteurs se sont approchés du groupe le plus important et ont fait savoir que l’ordre était donné d’empêcher le meeting, celui-ci n’étant pas autorisé par la police.

Désobéissance aux forces de l’ordre et échange de tirs
Entre les manifestants et les policiers s’est engagée une discussion qui, ensuite, allait dégénérer en conflit. On a brandi des cannes, des barres de fer sont apparues, il y a eu des cris de protestation, tandis que s’installait une énorme confusion. On a bientôt entendu des tirs d’armes à feu.
L’un des inspecteurs a été aussitôt mis hors d’état de combattre. Un autre laissait voir sa main gauche ensanglantée, car il avait été touché par une balle de révolver ; malgré cela, tenant une arme de la main droite, il maintenait à distance un groupe de manifestants qui tentaient de l’attaquer. À ce moment-là est apparu le capitaine commandant du détachement de la Force publique de la ville, qui a désarmé l’inspecteur et a fait comprendre aux assaillants qu’ils ne pouvaient plus mettre la main sur cet homme.

Le calme rétabli, plusieurs personnes se trouvaient blessées
Sur ces entrefaites arrivait sur la place de la République un piquet de cavalerie, qui a dispersé les groupes et a obtenu le rétablissement de l’ordre.
La police a effectué trois arrestations : celle de Mme Pagu, de l’ouvrière Guiomar Gonçalves et celle de Herculano de Souza, un travailleur dans le café, désigné comme l’auteur des blessures infligées à l’un des inspecteurs. Herculano était armé d’une barre de fer. Les trois personnes arrêtées ont été placées sous les verrous. D’après ce que nous avons entendu, Herculano a été blessé par balle.
Les inspecteurs blessés sont Anastacio Silva et Sebastião Raul. Anastacio, présentant de graves blessures aux deux bras et sur d’autres parties du corps, produites par un objet contondant, en bois ou en fer, a été hospitalisé à la Santa Casa, dans un état grave. L’inspecteur Sebastião Raul a eu le majeur de la main gauche traversé par une balle.
Au bout d’un certain temps, l’ordre a été complètement rétabli.
Au commissariat régional, une enquête a été ouverte autour des événements. La police a saisi un drapeau rouge que portaient les manifestants.

Trad. A. C.

Source :
« Mais um capítulo aventuroso para a história de uma comunista » (texte anonyme)
Diário da Noite, Rio de Janeiro, n°583, mardi 25 août 1931, 2e édition (18h), p. 1 et 2
(Photo et légende d’origine.)

7 mars 2019

Vient de paraître

Patrícia Galvão (Pagu)
Matérialisme & zones érogènes
(Autobiographie précoce)
  
traduction du portugais (Brésil),
avant-propos, glossaire & chronologie
par Antoine Chareyre
   
Le Temps des Cerises (Montreuil), coll. « Récits des libertés »
14×19,5 cm, 201 p., 15€ - en librairie le 7 mars
   

Voici l’autobiographie précoce d’une étonnante révolutionnaire, la fameuse Pagu, qui rédigea cette lettre-confession en 1940, après quatre années passées dans les geôles de la dictature. Elle y fait le bilan méticuleux, critique et sans concession, de ses trente années d’existence et tout particulièrement de son engagement communiste, un parcours politique fulgurant et erratique. Mais tout en évoquant les espoirs, périls et déceptions de la lutte clandestine, son récit aborde de front, à partir d’une expérience à la fois singulière et exemplaire, la question de la condition féminine sous tous ses aspects.
Ce témoignage inestimable, d’autant plus sincère et radical qu’il n’était pas destiné à la publication, n’a été révélé au Brésil qu’en 2005, venant conforter une légende déjà bien établie. Au-delà de l’anecdote et du contexte proprement brésilien, il conjugue, dans une écriture intime et poignante, une réflexion sur les possibilités de transformation sociale et un autoportrait viscéralement féministe. Ce sont aussi les coulisses, sombres et tragiques, du roman Parc industriel déjà disponible en français aux éditions Le Temps des Cerises.

Patrícia Galvão (1910-1962), dite Pagu, grandit à São Paulo où elle rejoint le groupe de la Revista de Antropofagia (1928-1929), dernière manifestation du modernisme brésilien. Elle y rencontre l’écrivain Oswald de Andrade, qu’elle épouse et dont elle a un enfant, et se lance avec lui dans le militantisme d’extrême gauche au lendemain du coup d’État de 1930, d’abord en publiant le journal politico-satirique O Homem do Povo (1931). Membre turbulent du Parti communiste, première femme à connaître la prison pour motifs politiques dans l’histoire du Brésil (dès 1931), elle se consacre corps et âme à la cause révolutionnaire et publie sous pseudonyme Parque industrial (1933), premier roman prolétarien apparu au Brésil. Arrêtée en 1936, au lendemain d’une révolution communiste manquée, elle passe quatre années en prison, aux pires heures de l’ère Vargas. À partir de 1940, elle se consacre notamment à sa carrière dans le journalisme.

Inédit en français

Ouvrage publié avec le soutien du Ministère de la Culture du Brésil / Fondation Bibliothèque Nationale

*
De la même auteure,
par le même traducteur & chez le même éditeur :


Pagu, alias Mara Lobo, a essayé de raconter dans ce livre, avec un maximum de littérature pour un maximum defficacité, la vie et les luttes des travailleuses de l’industrie textile du quartier du Brás, à São Paulo.
C’est un roman prolétaire. Le premier, en 1933, au Brésil.

6 mars 2019

« Maintenant, je sors d’un tunnel. J’ai plusieurs cicatrices, mais JE SUIS VIVANTE. »

dès demain en librairie !
Matérialisme & zones érogènes
l’autobiographie précoce de
Patrícia Galvão (Pagu)
aux éditions Le Temps des Cerises

5 mars 2019

Curiosité

Quand la littérature prolétarienne de Pagu inspire une ligne de mode marxiste-féministe dans le Brésil d’aujourd’hui…

« O conceito de automoulage foi construído a partir da obra Parque industrial, de Patrícia Galvão, que ela nomeia como : um romance do proletariado. Em suas linhas ela traz a realidade nada romântica das mulheres que trabalham numa indústria de tecelagem no Brás (São Paulo – SP), questiona os ambientes de trabalho, a exploração da força de trabalho, a sexualização do corpo da mulher brasileira e, a cima de tudo, o capital e a sua luta pela reestruturação para sua manutenção. Construir uma moda feminista, pontuando as contradições presentes na estrutura da indústria da moda e traçar novos caminhos para o design através de uma ótica materialista histórica e feminista. A obra, não tão explorada, traz inquietações históricas que passaram durante anos, despercebidas nos debates da moda e hoje possui espaço para ser debatida. E essa será a inspiração da coleção “Brás do mundo”, que se construiu em meio a proposta de antidesign e automoulage, para ser arte, manifesto, resistência e um grito feminista marxista dentro da nossa indústria. »

La presse se déchaîne pour Pagu



Le roman se lit aussi très bien en français, dans l’édition procurée en 2015 par Le Temps des Cerises — qui publie ces jours-ci une nouvelle traduction de Pagu, tenez-vous bien.

28 janvier 2019

Scandaleuse Pagu

Un résumé pour l’autobiographie de Pagu ?
Le voici, excellemment bouclé par quelque rédacteur anonyme d’un quotidien de Rio, dès 1936. Tout y est, ou presque.
(L’ouvrage de Patrícia Galvão (Pagu), Matérialisme & zones érogènes, à paraître aux éditions Le Temps des Cerises, sera en librairie le 7 mars.)


Visage vert et idées rouges
« Pagu », détenue à Paraíso, à São Paulo, continue d’alimenter le sensationnalisme de la presse

Pagu, lors de sa récente arrestation, à São Paulo

São Paulo, le 15 (Correspondance spéciale pour A Nação).
Dona Patrícia Galvão, qui s’est rendue célèbre sous le pseudonyme « Pagu », est de ces créatures destinées à rester toujours au centre des attentions.
Prise par la fièvre ou par le désir d’occuper l’affiche, jolie, jeune, intelligente, mais jugeant ces qualités insuffisantes pour attirer sur elle la curiosité publique, « Pagu », qui appartient à une importante et respectable famille pauliste, est apparue un beau jour, dans la capitale de São Paulo, toute saupoudrée de poudre de riz verte et du bâton violet sur les lèvres.
C’est de ce jour que date la célébrité de « Pagu ».
Se liant, plus tard, à l’écrivain Oswald de Andrade, communiste déclaré, « Pagu » est devenue une sorte de Paul de Tarse féminin de la doctrine marxiste et des credos de Moscou. Après la révolution de 1930, tandis que le général Miguel Costa était secrétaire de la Sûreté publique de São Paulo, « Pagu » et Oswald, profitant d’une ambiance favorable, lancèrent un journal incendiaire, O Homem do Povo, dans lequel ils s’en prenaient à tout ce qui ne sentait pas Lénine, Engels ou Marx. Un jour, la feuille de chou attaqua la Faculté de Droit, en affirmant qu’il fallait raser la vieille et traditionnelle école, et en traitant les étudiants d’ânes bâtés et autres épithètes semblables. Les élèves de la Faculté se rassemblèrent et réagirent, en décidant de saccager la feuille de chou. Se trouvaient à la rédaction, entre autres, Oswald et « Pagu ». L’affaire promettait, et le personnel de la rédaction voulut se mettre à l’abri, en prenant ses jambes à son cou. « Pagu », néanmoins », vit dans cet incident une nouvelle occasion de se mettre en évidence. Et armée d’un révolver, elle fit irruption au sommet des marches. Une huée fracassante accompagna la spectaculaire apparition.
Il y eut des cris, du chahut, des fuites et, bientôt, « Pagu » et quelques-uns des manifestants se trouvaient à la Police centrale, où le général Miguel Costa les admonestait, suspendant dorénavant la circulation d’O Homem do Povo.
« Pagu », la jeune femme qui ne se contentait pas d’être simplement jolie, se rendait de plus en plus célèbre.
À présent, impliquée dans la question de la conspiration communiste, « Pagu » a été arrêtée et incarcérée à la prison de Paraíso.
Mais là encore, dans ce repos imposé, « Pagu » donne de quoi faire aux autorités. De fait, on vient d’observer un curieux conflit juridictionnel entre l’avocat de la jeune communiste et le commissaire de l’Ordre Politique et Social, à propos de la visite de son défenseur à « Pagu ».
L’affaire promet et la femme à la poudre de riz verte qui prêche des idées rouges est certainement en train de se frotter les mains, de contentement. Bien sûr ! Elle est encore une fois sur la sellette…

Trad. A. C.

Source :
« Rosto verde e ideias vermelhas » (texte anonyme)
A Nação, Rio de Janeiro, 16 février 1936, p. 1 et 4
(Photo et légende d’origine.)

14 janvier 2019

« Il vaudrait mieux tout avaler et jeter tout ça. »

un fragment de
Matérialisme & zones érogènes
l’autobiographie précoce de
Patrícia Galvão (Pagu)
aux éditions Le Temps des Cerises

en librairie le 7 mars

23 décembre 2018

Pagu agite la bibliographie

Qui donc osait situer Pagu, azimutalement, quelque part entre Zola, Félix Fénéon, Léon Frapié et Roberto Arlt ? C’était Éric Dussert, dans une bien belle note de lecture sur le roman Parc industriel (Le Temps des Cerises, 2015) parue dans Le Matricule des Anges (n°162, avril 2015).
Voilà que l’article reparaît, dans une version revue et augmentée sil vous plaît, au sein du nouveau recueil de portraits d’Éric Dussert, Cachées par la forêt (138 femmes de lettres oubliées), préf. de Cécile Guilbert, La Table Ronde, 2018 (« Patricia Galvão », p. 419-421). On peut s’en réjouir.
Et pour s’assurer que l’auteure ne retombera pas de sitôt dans l’oubli, Le Temps des Cerises nous prépare un nouveau livre de Pagu en français, son « autobiographie précoce ». Il y est question dengagement communiste et de condition féminine, lun dans lautre. Sous peu, un titre et une couverture. Rendez-vous dans deux mois en librairie.

20 décembre 2018

Encore Pagu

Le nouveau livre de Patrícia Galvão (Pagu) en français, une autobiographie, sera prochainement en librairie.

Une 4e de couverture ?
La voici, rédigée excellemment par quelque tâcheron de l’appareil répressif de la dictature brésilienne, et archivée dans son dossier du Département d’Ordre Politique et Social de São Paulo :

Bien connue par la police de l’Ordre Social, comme communiste de longue date. Ses activités ont été sans nombre. Très vive, et relativement cultivée, elle est apparue sur la scène extrémiste après avoir fait la connaissance de l’écrivain Oswald de Andrade, avec qui elle a contracté un mariage, se séparant de lui par la suite. Elle faisait de la propagande communiste sous toutes les formes, soit en prêchant la doctrine verbalement, soit en distribuant des bulletins. Elle appartenait et jouait un rôle de premier plan dans toutes les organisations extrémistes qui apparaissaient dans cette Capitale. Ici et à Santos, elle a tenté plusieurs fois de faire des meetings, ce dont elle était empêchée, ayant souvent tenté cela par la violence. Au milieu de 1935, elle a embarqué pour l’Europe et s’est trouvée en Russie soviétique. Elle a été arrêtée en flagrant délit, le soir du 23 janvier 1936, quand elle remettait des bulletins communistes à des individus qui, profitant de l’obscurité, sont parvenus à s’échapper avec une partie du matériel subversif.

15 décembre 2018

Encore un communiqué

« Convite !!!!
Entre os meses de outubro e dezembro, os artistas visuais Alcides Rodrigues (Amarelo Gráfico), Felipe Bit, Ítalo Raphael, com a artista convidada, Karine Guerra, realizaram a Ocupação Gráfica Pagu, na Oficina Cultural Oswald de Andrade. O projeto foi uma oficina de arte urbana, com pintura, colagem e serigrafia. No dia 15/12/18 das 14h às 17h acontecerá o encerramento do projeto, com uma Tarde Gráfica, onde os artistas e os participantes da Oficina, realizarão estampas em serigrafia, com elementos da arte do muro, distribuição de cartazes e inauguração do Mural. Quem quiser, pode levar uma camiseta ou uma sacola, para estampar com as matrizes serigráficas disponíveis.
Tarde Gráfica da Ocupação Gráfica Pagu
Sábado 15/12/18 – Das 14h às 17h
Na Oficina Cultural Oswald de Andrade
Estão Todos Convidados \o/ »

14 décembre 2018

Un communiqué

« Precisando ou querendo presentear aquela pessoa maneira que você sabe que é feminista, comunista, militante, ativista ? Aquela pessoa que gosta de literatura brasileira de qualidade ? Seu primo que estuda Letras ? A mãe que é professora de história ?
A Linha a Linha10% de desconto para quem comprar o livro Parque Industrial, de Pagu (Patrícia Galvão), até 31 de dezembro de 2018 !
Para comprar, entre em nosso site, vá até a loja e, na hora de fechar o carrinho, insira o cupom de código : NatalFeminista.
Hohoho, feliz Natal ! »


12 novembre 2018

Curiosité

Rare preuve* du passage du poète guatémaltèque parmi nous.
Sous vos applaudissements.
Prochainement, des preuves plus tangibles en librairie.


* En page de garde d’un exemplaire de Maelstrom (Films telescopiados), prologue de Ramón Gómez de la Serna, Paris, Editorial Excelsior, 1926.


Traduction française à paraître :

Maelström précédé de Luna-Park
choix & établissement des textes, traduction de l’espagnol (Guatemala),
notes, dossier, postface & bibliographie par Antoine Chareyre
Éditions Grèges (Octon), ca. juin 2019

6 novembre 2018

Petite chronique du mouvement international des livres & des idées

Quand un livre est enfin véritablement en bonne voie d’aboutissement (présomption), on range quelques papiers et on retrouve des choses étranges, risibles ou émouvantes.
Mais on n’est ni Gilbert Sorrentino ni Bernard Hœpffner, et on ne publie pas Mulligan stew/Salmigondis.
Alors, pour ceux qu’inquiètent les questions de réception et pour l’édification des générations futures, voici une brève compilation typologique des lettres de refus essuyées par le traducteur du poète guatémaltèque :

L’expéditif :

« malheureusement non ! »

Le négociant en gros :

« J’ai feuilleté les textes que vous m’avez envoyés : c’est bien, mais je ne crois pas que j’arriverai à les vendre à plus de 100 personnes. »

Le zinzin :

« Nous vous remercions pour votre proposition, mais nous ne pensons pas être le bon éditeur pour un tel projet, car :
« 1) Nous ne connaissons pas du tout ce poète, et n’avions même jamais entendu son nom.
« 2) Nous ne croyons pas à la traduction de la poésie. Chaque fois, c’est raté. Il faut apprendre les langues !
« 3) Nous critiquons tous ces éditueurs qui ne se repaissent que de morts : La Barque, Bourgois, Allia, etc. etc. Or, il y a plein de vivants, en France ou même en Belgique ou au Luxembourg, qui crèvent littéralement de n’être pas publiés. Aussi, soyons bibliques (Nouveau Testament), et laissons les morts avec les morts !... (Bourgois & Co.)
« Nous sommes fous... soit, mais nous sommes vivants ! »

La porte étroite :

« Je ne suis pas aussi convaincu que vous l’êtes quant à l’opportunité de publier Cardoza y Aragón. Certes, ce que vous avez eu l’obligeance de me faire parvenir démontre à l’envi des qualités de poète et informe utilement et “bellement” sur la création d’une esthétique, tout en la mettant en œuvre. Ce qui n’est certainement pas rien. Mais, à sa lecture, mon sentiment est qu’elle n’offre pas réellement d’intérêt autre que documentaire. Elle documente un moment esthétique et/ou politique (dans leurs acceptions les plus larges) mais sans, aujourd’hui, pouvoir “vivre d’elle-même” indépendamment de cet ancrage temporel. Cela n’est par exemple pas le cas d’un auteur comme Asturias, dont la poésie (sa “prose” ne me paraît pas développer les mêmes qualités) reste magnifiquement originale et lisible sans qu’on doive la ramener à un contexte de quelque ordre soit-il.
« Entendons-nous bien : je conçois parfaitement qu’une édition de ses œuvres puisse revêtir une importance. Mais, à mon sens, uniquement au regard de ce dont elle montre être la trace ou les linéaments. En dehors de son contexte (auquel elle rend d’ailleurs souvent joliment grâce), cette poésie ne me convainc pas car elle n’est aucunement originale. Existent déjà, en français ou non, et à foison, des tentatives bien plus abouties de cet ordre.
« […] en tant qu’éditeur […] mon objectif, riche d’une connaissance extrêmement large de la littérature passée et contemporaine, est de proposer à la lecture des textes qui enrichissent la pratique dans laquelle ils s’inscrivent. Force m’est de reconnaître qu’ici, ce n’est nullement le cas. Et de vous en faire part. »

Sur ce dernier refus, le seul à dire vrai qui témoigne d’une véritable conscience éditoriale et intellectuelle, il y aurait bien à redire, mais convenons qu’il est de la plus extrême rareté de recevoir un compte rendu de lecture aussi avisé et circonstancié ; il y a là, pour le moins, un débat de fond.
Les éditeurs (ou « éditueurs », comme dit l’autre ?) qui se reconnaîtraient éventuellement dans ces missives anonym(is)ées voudront bien n’en point prendre ombrage. Ce n’est pas tellement une question de personnes, mais de système.
Un système qui loue volontiers ces « passeurs » que sont les traducteurs, ces tâcherons en vérité, mais dont la légèreté ou l’indifférence, ou tout simplement les lacunes objectives à l’endroit de certaines littératures étrangères déjà patrimoniales, ont de quoi laisser pantois. Du coup notre ignorance bée et les lacunes à combler demeurent incommensurables.
Que ces mêmes éditeurs, avec quelques autres, soient sincèrement remerciés d’avoir du moins considéré une proposition spontanée et d’y avoir répondu (ne serait-ce que par une lettre-type), quand tant d’autres, pourtant triés sur le volet, n’ont jamais pris la peine de lui apporter la moindre réponse.

4 novembre 2018

Les couvertures de l'avant-garde hispano-américaine (de Paris)


Luis Cardoza y Aragón
[Guatemala, 1901 – Mexique, 1992]
Maelstrom
(Films telescopiados)
Prólogo de Ramón Gómez de la Serna
Paris, Editorial Excelsior (27, quai de la Tournelle), 1926
11×18 cm, 117 p.

Ouvrage sorti de l’imprimerie des éditions Excelsior, Paris, 1926 ; sans justification de tirage. [4 éditions successives]


Traduction française à paraître :

Maelström précédé de Luna-Park
choix & établissement des textes, traduction de l'espagnol (Guatemala),
notes, dossier, postface & bibliographie par Antoine Chareyre
Éditions Grèges (Octon), ca. juin 2019