18 novembre 2010

Vient de paraître - Qui connaît Sérgio Milliet ?

Sérgio Milliet
Poèmes modernistes
& autres écrits
(Anthologie 1921-1932)

Textes originaux français ou traduits du portugais (Brésil)

Choix, traduction, présentation et notes
par Antoine Chareyre

Librairie La Nerthe (Toulon)
« Collection Classique »
15 x 23 cm, 216 p., 20 €

- paru en octobre 2010 -


Le Brésilien Sérgio Milliet (1898-1966) a longtemps vécu en Europe. De 1912 à 1920, il est à Genève, où il fait ses études, et c’est justement en Suisse que le jeune poète publie, en français, ses deux premiers recueils, relevant d’un certain post-symbolisme sentimental. Il intègre le groupe de la revue Le Carmel, dirigée par le poète et futur psychanalyste Louis-Charles Baudouin.

Fin 1920, il rentre au Brésil où il noue des liens avec les écrivains qui vont bientôt compter, les membres du Modernisme alors en formation (Mário de Andrade, Guilherme de Almeida, Oswald de Andrade, etc.). Son bilinguisme lui permet dès lors de faire le pont entre le continent sud-américain et l’européen. Il rapporte des livres français et commence à traduire ses amis brésiliens pour la revue anversoise Lumière. Il participe à la fameuse Semaine d’Art Moderne qui se tient en février 1922 au Théâtre Municipal de São Paulo, et contribue à la première revue avant-gardiste brésilienne, Klaxon. 

Bois gravé de Joris Minne
en frontispice de l
’E.O. d’Œil-de-bœuf (1923)
En 1923, il revient en Europe et publie à Anvers un dernier recueil composé en français, Œil-de-bœuf, désormais significatif d’une recherche « moderniste ». À Paris, il fréquente notamment Blaise Cendrars et retrouve son compatriote O. de Andrade et la compagne de ce dernier, la peintre Tarsila do Amaral. Il se trouve au Brésil début 1924 pour la venue de Cendrars (il est un des dédicataires de ses Feuilles de route), et jusqu’en 1925 il est encore entre les deux continents, écrit toujours en français, dans des revues où il s’efforce de faire connaître la littérature de la nouvelle génération brésilienne (dans la Revue de l’Amérique Latine, notamment), mais surtout, désormais, en portugais, s’agissant de son œuvre poétique (parfois auto-traduite du français) comme des chroniques qu’il envoie de Paris à plusieurs revues brésiliennes. Son retour définitif est marqué par l’activité de premier plan qu’il déploie en 1926 dans les pages de Terra roxa e outras terras, la nouvelle revue du groupe moderniste de São Paulo.

Son premier recueil en portugais, Poemas análogos, paraît au Brésil en 1927. Il rassemble des poèmes composés en voyage, à Paris et en Europe en 1923 et 1924, Milréis a duzia et Poemas análogos, et d’autres relatifs à son retour définitif au Brésil, les Poemas brasileiros. Ne se consacrant plus que de loin en loin à la poésie, il se montrera un important critique et chroniqueur culturel, écrivant sur la plupart de ses contemporains après avoir pris part aux débats internes au Modernisme historique.

Le présent ouvrage rassemble les textes les plus importants de ces années décisives, textes français ainsi réédités ou pour la première fois traduits du portugais. On y redécouvre un poète, un écrivain à la prose singulière et, à ses débuts, un critique central pour l'histoire des lettres brésiliennes modernes.


(Le traducteur.)

Dans le volume : « Sérgio "Serge" Milliet, poète et chroniqueur franco-brésilien, ou comment rentrer au pays », préf. du traducteur (p.1-9) ; « Poèmes modernistes » (p.14-97) ; le récit « Natures mortes » (p.101-130) ; « Textes critiques » (p.133-170) ; notes de la traduction (p.173-199) et bibliographie (p.200-216).

Vient de paraître - Une préface à la poésie "Bois Brésil"...

Haroldo de Campos
Une poétique de la radicalité
(Essai sur la poésie d'Oswald de Andrade)

Traduit du portugais (Brésil) et révisé
par Antoine Chareyre

Les Presses du Réel (Dijon)
coll. « L’écart absolu - poche»
11 x 17 cm, 96 p., 9 €

- paru en septembre 2010 -


Passablement oublié et marginalisé dans les dernières années de sa vie, Oswald de Andrade (1890-1954), le plus radical des membres de l’avant-garde brésilienne de 1922, se vit approcher et solliciter par les jeunes représentants de la Poésie Concrète, Augusto et Haroldo de Campos, Décio Pignatari… et c’est notoirement à la faveur de leur travail de réédition, en même temps que de réhabilitation critique, que l’on put bientôt (re)lire, au Brésil, une œuvre majeure, authentiquement révolutionnaire et déjà mythique, mais alors largement clandestine puisque de longue date introuvable en librairie.

Il était donc juste et naturel que l’essai de Haroldo de Campos, pièce maîtresse de cette entreprise de réception locale, préface à la réédition posthume des œuvres poétiques d’Oswald de Andrade, vienne accompagner et soutenir, en France, la première traduction et édition critique du fameux recueil Bois Brésil de 1925. Au prix d’une vraie dépense théorique, généreuse et rigoureuse, le critique y accomplit ni plus ni moins, avec les ressources de son temps, l’intégration d’Oswald de Andrade à la modernité occidentale, en même temps qu’il révèle, à l’œuvre, une inspiration centrale dans la formation du concrétisme brésilien. À ce double titre, il s’agit d’un document qui intéresse le lecteur curieux de toutes les aventures poétiques de ce siècle, des avant-gardes historiques aux formalismes d’après 1945 et de part et d’autre de l’Atlantique.


(Le traducteur.)

Vient de paraître - Paris relance la poésie "Bois Brésil" d'Oswald de Andrade, en français, enfin...

Oswald de Andrade
Bois Brésil
(Poésie et Manifeste)

Traduit du portugais (Brésil),
préfacé et annoté par Antoine Chareyre

édition bilingue

illustrations de Tarsila do Amaral

Éditions de la Différence
17 x 17 cm, 398 p., 30 €

- paru en septembre 2010 -
 

Oswald de Andrade (São Paulo, 1890-1954) — enfant prodigue, journaliste, essayiste, polémiste, romancier décadent ou expérimental, poète et dramaturge, voyageur, Brésilien (de Paris), dilettante, amoureux, homme à femmes et à scandales, prêt à tout, contrebandier du transatlantique et anthropophage, agitateur d’idées (celles des autres) et dilapidateur de biens (les siens), planteur de café, promoteur immobilier et militant communiste, nationaliste libertaire, amateur en tout et « homme sans profession » — fut l’un des principaux animateurs du Modernisme brésilien, mouvement de rénovation littéraire, artistique et culturelle apparu dans les années 1920 à São Paulo et Rio de Janeiro.

Couv. de l'éd. originale
par T. do Amaral (1925).
Après un séjour à Paris au cœur de la communauté brésilienne d’alors, il lance en 1924 le Manifesto da Poesia Pau Brasil, promotion d’une «poésie d’exportation» refondée dans la réalité brésilienne tant historique que contemporaine, et visant à renverser joyeusement, en contexte nationaliste, les modèles européens importés, dépassés et aliénants. Hôte, la même année, de Blaise Cendrars dont il est l’ami depuis 1923, il compose ses premiers poèmes avec la complicité de celui-ci, à la redécouverte du Brésil, dans une démarche qui va de l’auto-exotisme à l’invention d'une identité nationale moderne et alternative, avec un humour iconoclaste qui procède simultanément à un dépouillement exemplaire de la forme poétique. De retour à Paris en 1925, c’est aux fameuses éditions du Sans Pareil qu’il publie, à compte d’auteur, le recueil Pau Brasil, dédié à Cendrars, avec une préface de son ami le mécène Paulo Prado, une couverture et des illustrations de sa compagne Tarsila do Amaral. L’ouvrage et sa genèse tant brésilienne que, de fait, parisienne, demeurent emblématiques de l’histoire et des problématiques idéologiques et esthétiques du Modernisme, de l’appel des avant-gardes internationales à l’affirmation d'un génie national en prise avec son siècle, qui culminera avec le mouvement radical de l’Anthropophagie lancé par l’auteur à la fin de la décennie.

La présente publication constitue à la fois la première traduction française et la première édition critique mondiale de ce recueil fondateur pour les lettres brésiliennes modernes.

(Le traducteur.)


Dans le volume : « Oswald de Andrade ou l’avant-garde en climat post-colonial », préf. du traducteur (p.11-59, notes p.277-309) ; le recueil de 1925, comprenant la préface originelle de Paulo Prado et les illustrations de Tarsila (p.63-253) ; une nouvelle version française du manifeste de 1924 (p.254-273) ; notes de la traduction (p.310-376) et bibliographie (p.377-396).