8 avril 2014

Vient de paraître - Copinage pan-latino-américain

Tandis que l’on fomentait, courant 1921 à São Paulo et Rio de Janeiro, le déclenchement officiel du mouvement moderniste brésilien, intervenu lors de la Semana de Arte Moderna programmée en février 1922, que se passait-il de comparable dans l’espace hispano-américain ? — Au Mexique, par exemple, en décembre 1921 : un jeune poète lançait, seul, une belle avant-garde à redécouvrir.
Trois ans après l’importation en France du « bois brésil » d’Oswald de Andrade et conçu, comme l’indique le retour du sous-titre « Poésie et Manifeste », en vertu de ce même concept visant à répondre à une certaine urgence intempestive : un nouveau vade-mecum des avant-gardes périphériques. On voit quelquefois paraître des livres qui normalement ne paraissent pas…


Manuel Maples Arce
Stridentisme !
Poésie & Manifeste
(1921-1927)

Édition bilingue & illustrée

Textes réunis & établis,
traduits de l’espagnol (Mexique),
présentés & annotés
par Antoine Chareyre

Le Temps des Cerises (Paris), coll. « Commun’art »
16 x 16 cm, 372p., 25€
(paru le 14 novembre 2013)



Mexico, 1921 : un jeune poète placarde au coin des rues un confondant Comprimido estridentista, synthèse des multiples « ismes » d’Europe à l’usage du Mexique postrévolutionnaire. Avec ce manifeste, Maples Arce (1900-1981) fonde le Stridentisme, l’une des premières et des plus significatives avant-gardes d’Amérique latine. Une demi-décennie durant d’agitation culturelle, de nouveaux manifestes collectifs et de revues éphémères, il publie les recueils Andamios interiores, poemas radiográficos (1922), Urbe, super-poema bolchevique en 5 cantos (1924) et Poemas interdictos (1927). Au-delà des pièces d’anthologie, le présent volume entend donner à lire ces textes essentiels d’un auteur longtemps mésestimé, mais aussi, au gré d’un appareil critique, documentaire et iconographique fourni, à comprendre et à voir un mouvement encore méconnu en France. Ami de Diego Rivera et des muralistes, tôt salué par Borges, traduit par John Dos Passos, tiré des archives par Roberto Bolaño, le chef de file du Stridentisme méritait sans doute les soins de cette première édition d’ensemble en français. [4e de couverture]

Ouvrage publié avec le soutien du Programme d’Aide à la Traduction (PROTRAD) dépendant d’institutions culturelles mexicaines, et du Centre National du Livre (CNL).



# Rendez-vous autour du livre…

Rencontre autour de la collection « Commun’art » des éditions Le Temps des Cerises, avec la participation de Juliette Combes-Latour, d’Henri Deluy et du traducteur de Maples Arce, événement organisé par l’association La Scène du Balcon en lien avec le thème du 16e Printemps des Poètes, « Au cœur des arts », le mercredi 19 mars à 19h30, Mairie du 2e arrondissement (8, rue de la Banque),

...Présentation de louvrage en présence du traducteur, lecture bilingue par les poètes Francis Combes et Pablo Urquiza, et débat, le mercredi 26 février à 19h30 à la Librairie Delamain (155 rue Saint Honoré, Paris 1er),

Table ronde avec Serge Fauchereau, Juan Manuel Bonet et le traducteur, le mercredi 15 janvier à 19h à l’Instituto Cervantes (7 rue Quentin Bauchart, Paris 8e),

…sur le site Poezibao pour lire l’« Avant-propos » du volume (donné en avant-première) : http://poezibao.typepad.com/poezibao/2013/10/carte-blanche-avant-propos-à-manuel-maples-arce-stridentisme-poésie-manifeste-1921-1927-par-antoine-.html,

…au Centre Pompidou, dans le cadre de l’exposition « Modernités plurielles, 1905-1970 », pour scruter un rare exemplaire du manifeste de fondation du Stridentisme.



# La presse en parle

« Par la grâce d’un érudit minutieux et passionné, voici que nous revient, superbement traduite, l’œuvre d’un poète mexicain dont le retentissement dans les années vingt du siècle dernier fut sans doute aussi grand que celui d’un Rubén Darío à la génération précédente. Sous forme de documents graphiques, de manifestes et d’une minutieuse étude des textes intégralement reproduits et traduits, le singulier mouvement « stridentiste » reparaît ici en une trajectoire ressuscitée. […] Ajoutons seulement que le travail du traducteur et commentateur, Antoine Chareyre, est tout à fait remarquable, tant par sa substantielle postface, qui est un véritable essai, que par les notes abondantes que pour une fois on a toujours plaisir à lire. »
(Jacques Fressard, « Maples Arce le stridentiste », La Nouvelle Quinzaine littéraire, n°1094, du 1er au 15 décembre 2013.)

« Le Temps des Cerises nous régale coup sur coup de deux livres délectables : Stridentisme !, un volume traduit par Antoine Chareyre, jeune traducteur dont nous n’avons pas eu l’occasion de parler encore, consacré à la figure d’un Mexicain notablement méconnu en France, Manuel Maples Arce, animateur du stridentisme dans les années 1920. […] »
(Éric Dussert, « Des nouvelles… », billet du 14 novembre 2013 sur L’Alamblog.)

« Il reste beaucoup de trouvailles à faire dans la jungle littérature des années 1920 […] témoign[e] de cette époque d’excitation confuse […] le Stridentisme ! du Mexicain Maples Arce, étonnant avatar du futurisme d’outre-Atlantique »
(Éric Dussert, « Proses de Dada », Le Matricule des Anges, n°150, février 2014.)

« Avant ce jour, Manuel Maples Arce n’avait été donné à lire qu’une fois aux lecteurs francophones : c’était en 1936 et c’était ses « Poèmes interdits » dont la traduction d’Edmond Vandercammen était destinée aux Bruxellois Cahiers du Journal des Poètes. Soixante-huit pages en quatre-vingt ans, ça n’était pas de trop pour ce Mexicain moderniste, auteur d’un Urbe, super-poema bolchevique en 5 cantos (1924) traduit par John Dos Passos en 1929 (N. Y., T. S. Book Company), ou des Poemas interdictos (Xalapa, Horizonte, 1927) dont la modernité indéniable avait échappé de ce côté de l’Atlantique.
Servi avec de très belles gravures sur bois d’époque dans un agréable et souple volume sur papier couché, ses œuvres sont désormais accessibles, traduites et commentées par Antoine Chareyre qui nous éclaire sur ce personnage. Et pour commencer par son manifeste stridentiste qui mérite citation : […]
On voit le gaillard. Si remarquable, au fond, qu’après un court passage par l’oubli, il traverse deux romans contemporains, l’Ombre de l’ombre de Paco Ignacio Taibo II (Rivages, 1992) et surtout Les Détectives sauvages (1998 ; Folio, 2010) du regretté Chilien Roberto Bolaño (1953-2003). Indice sur le double intérêt du personnage Manuel Maples Arce et de sa poésie qui se faufile entre « Paroxysme », « Révolution » et « Saudade ».
À l’époque où les avant-gardes se pressaient à s’en user les coudières, il est juste de rendre au Stridentisme sa place et ses écrits. La « Chanson depuis un aéroplane » suffirait presque, d’ailleurs, à le faire anthologiser, ainsi que ses odes à la ville, à la révolution, et ses trouvailles, comme celle du « romantisme cannibale de la musique yankee ». Plein de charme et de vigueur, il est le frère des poètes des années 1920, celui qui revient et que l’on ne peut plus négliger. »
(Éric Dussert, « Manuel Maples Arce et le stridentisme », billet du 16 mars 2014 sur L’Alamblog.)

« L’éternelle juvénilité des avant-gardes paraît une nouvelle fois prouvée, avec ce livre d’Antoine Chareyre, qui rend au poète mexicain Manuel Maples Arce la place qui lui revenait déjà de droit parmi les inventeurs poétiques des années vingt du XXe siècle. Car il aura fallu qu’un Mexicain né en 1900, un Chilien né en 1953, un Français enfin, né dans les années quatre-vingt, tous trois jeunes poètes, l’un traducteur, se rencontrent par-delà les générations pour que naisse enfin cette édition en français du manifeste inaugural et des recueils de poésie stridentistes du premier d’entre eux.
Mexico, 1921 : Manuel Maples Arce, 21 ans, lance tel un brûlot le premier manifeste stridentiste, imprimé sur une feuille volante qu’il placardera sur les murs du centre de la ville. La feuille est vouée à être périodique, elle porte un numéro 1, elle s’intitule Actual. Hoja de vanguardia. Mexico, 1976 : Roberto Bolaño, 23 ans, lui-même membre fondateur de la néo-avant-garde poétique des infraréalistes, proclame la parenté entre les deux mouvements […]. Qu’ils étaient donc alors relégués au second plan, les stridentistes ! Évincés, et rondement, du futur canon littéraire dès la fin des années vingt, par les poètes du trop sage groupe des “Contemporáneos” mexicains […]. Mais la justice poétique est encore la meilleure, et c’est dans la fiction des Détectives sauvages que le redresseur de torts Bolaño, devenu romancier, achèvera de rendre leur honneur de poètes aux stridentistes. C’est là aussi, dans ce roman d’aventures où art et vie ne font qu’un, […] qu’Antoine Chareyre trouvera la confirmation de l’importance du mouvement stridentiste. Paris, 2013 : Antoine Chareyre, le plus âgé des trois, publie Stridentisme !
[…] L’édition d’Antoine Chareyre est précieuse car les poèmes sont présentés en version bilingue, les maquettes et couvertures initiales des recueils, reproduites en fac-similé. Et c’est l’esprit même du groupe stridentiste qui apparaît là, fondé sur la complicité entre écrivains et artistes visuels […]. Le format du livre édité par le Temps des Cerises se prête élégamment à cette mise en valeur de l’interprétation réciproque des textes et des images. »
(Florence Olivier, « Notes de lecture », Europe, n°1020, avril 2014, p.343-345.)

« Ces œuvres, oubliées et sous-estimées, sont remises en lumière par cet ouvrage. [...] Le stridentisme étant encore méconnu en France, l’ouvrage affiche son but didactique. La partie « Dossier » souhaite ainsi guider et éclairer le lecteur à l’aide de documents d’époque. On découvre des reportages et des comptes rendus mais également des articles et propos de Maples Arce […]. La postface permet enfin une approche historique des textes et du parcours du poète. Plus qu’un simple recueil de textes, l’ouvrage souhaite faire connaître cet élan intellectuel souvent ignoré. […] Les fondements, les motivations et la portée du stridentisme sont ainsi mis en lumière, une lumière qui jette encore des feux pour notre temps. »
(Ambre Blondeau« Stridentisme », La Revue du Projet, n°38, juin 2014, en ligne : http://projet.pcf.fr/55902)

قليلون هم الأشخاص في العالمَين العربي والغربي الذين سمعوا باسم مانويل مابليس آرس 1900 - 1981، علماً أنه شاعر كبير أسس في المكسيك حركة طليعية مجيدة عُرفت تحت تسمية"الصريرية"Stridentisme وترك بيانات ونصوصاً شعرية ونقدية ومجلات لا تقل أهميةً براديكاليتها وشحنتها الثورية عن تلك التي أصدرتها الطلائع الأوروبية في الفترة ذاتها. هذا ما يتجلى في الكتاب الضخم الذي أصدرته حديثاً دار Le Temps des Cerises الباريسية ويتضمن في جزئه الأول الترجمة الفرنسية لدواوين مابليس آرس الثلاثة والبيانات الأربعة لحركته، وفي جزئه الثاني وثائق تاريخية تنير الظرف الذي نشط فيه، هو ورفاقه، وتسمح بالتالي بفهم حياتهم وأُسس اقتراحاتهم وأبعادها داخل المكسيك وداخل الفضاء الطليعي الدولي عموماً.
(Antoine Jockey, « كتابات مابليس آرس وحركته الطليعية في كتاب . حركة "الصريرية" المكسيكية تعود الى واجهة الشعر العالمي », Al Hayat, 22 novembre 2013.)

Choses vues / Coisas vistas

Pariceia desvairada...

Portrait de Mário de Andrade, Belleville, Paris, février 2014 (photo A. C.)

Que l’on vienne, à pied s’entend, de la rue du Transvaal, de la rue des Envierges ou encore de la rue Piat, selon sa fantaisie, c’est toujours avec gratitude et un soupçon de saisissement que l’on débouche sur ce parvis-promontoire qui surplombe le Parc de Belleville, et d’où se révèle cette vue sur Paris qui, pour n’être pas la plus connue peut-être, est assurément l’une des plus belles (quoique non sans défauts). J’ai toujours trouvé à cette étrange coudée aux fausses allures de cul-de-sac, un air de bout du monde — un café ainsi qu’une boulangerie-pâtisserie, occupant eux-mêmes des angles d’immeubles, nous y offrent une dernière chance de sociabilité ; dailleurs l’ultime fontaine Wallace s’est perdue là —, un je-ne-sais-quoi d’indifférent à la pesanteur de la ville, promesse d’un délestage salvateur ou invitation à quelque ailleurs indéfini.

Ainsi étais-je comme préparé à découvrir, il est vrai, débouchant là pas plus tard que l’autre jour, le portrait à moi familier de Mário de Andrade ele mesmo, placardé sur le mur d’enceinte du parc susnommé. Stupeur, néanmoins — évidemment. Invité là, le poète de Pauliceia desvairada (São Paulo hallucinée) ? — ce « tupi qui joue du luth », ce chantre définitif de sa ville natale, « gallicisme hurlant dans les déserts de l’Amérique », cet amoureux de son pays qui ne sacrifia jamais, en chair et en os, au rituel du voyage en Europe, contrairement à la plupart de ses camarades modernistes — et n’invoque-t-il pas en ce moment-même, sur une cimaise du Centre Pompidou, la parisienne et cosmopolite Tarsila à rentrer au pays ? Et d’insinuer, par sa présence de papier-collé, quelque chose de son expressionnisme tropical, de son futurisme-malgré-lui, enfin de son desvairismo (« hallucinisme ») dans la capitale métamorphosée, car en effet Paris était aussi, ce jour-là, « arlequinesque », « cendre et or », « lumière et brume »…

Mais enfin, quel artiste de rue — Brésilien de Belleville pris de soudaine saudade, Parisien lusophile ? — a donc bien pu avoir l’idée incongrue d’afficher là cette icône anonyme ? Combien, parmi les innocents badauds, auront identifié le personnage ? Je ne sais. (Car, on l’admettra, rayonnent d’une tout autre aura les graffitis un peu plus notoires du Che, de Rimbaud ou de Pessoa…) Un doute me taraude, tout à coup : aurait-on multiplié dans tout Paris la trombine intempestive de Mário de Andrade ? lui a-t-on accordé, sur des murs circonvoisins, la compagnie d’autres poètes, écrivains ou artistes brésiliens ? Appel à témoins.

RETOUR DE FLÂNERIE : on s’affaire à boucler l’édition française de Paulicéia desvairada, annoncée depuis quelque temps avec d’autres textes (théoriques et critiques) du même, en 2 volumes.

* * *

(En attendant, chacun exigera chez son libraire les romans Aimer, verbe intransitif et Macounaïma, les notes de L’Apprenti Touriste, l’anthologie La Poésie du Brésil, pour tel poème choisi par Max de Carvalho, ou encore le long essai sur la poésie de Luís Aranha en annexe aux Cocktails de ce dernier : http://boisbresilcie.blogspot.fr/2010/11/qui-connait-luis-aranha.html.)

(Par ailleurs, on s’en est assuré avant qu’elle ne s’effrite tout à fait, l’effigie a pu accorder sa muette bénédiction au travail prometteur d’une traductrice inspirée, à qui l’on devra bientôt de lire les Contos novos en français.)




Especialmente para nossos prezados leitores lá no Brasil :

Que venhamos, a pé certamente, da rua du Transvaal, da rua des Envierges ou ainda da rua Piat, segundo a própria fantasia, é sempre com gratidão e uma ponta de emoção que damos nesta praça-promontório que se eleva sobre o Parque de Belleville, e de onde se revela esta vista de Paris que, por não ser, talvez, a mais conhecida, é seguramente uma das mais belas (ainda que não sem defeitos). Sempre encontrei nesse estranho canto com falsos ares de beco sem saída, um quê de fim de mundo — um café e uma padaria-confeitaria, eles mesmos ocupando ângulos de prédios, nos oferecem uma última chance de sociabilidade ; aliás, a última fonte Wallace perdeu-se ali —, um não sei que de indiferença pela cidade pesada, promessa de alívio salvador ou convite para um outro mundo indefinido.

Assim estava eu, como que preparado para descobrir, admito, dando ali, não mais tarde que no outro dia, com o retrato familiar de Mário de Andrade ele mesmo, colado numa coluna da cerca do parque acima nomeado. Espanto, contudo — evidentemente. Convidado ali, o poeta da Pauliceia desvairada ? — esse « tupi tangendo um alaúde », esse cantor definitivo de sua cidade natal, « galicismo a berrar nos desertos da América », esse apaixonado por seu país que nunca se submeteu, em carne e osso, ao ritual de viagem à Europa, contrariamente à maioria de seus camaradas modernistas — e não invocaria ele, neste exato momento, sobre uma parede do museu do Centre Pompidou, a parisiense e cosmopolita Tarsila do Amaral a voltar para a pátria ? Ele insinua, com sua presença de papel colado, algo do seu expressionismo tropical, do seu futurismo-malgrado-seu, enfim, de seu « desvairismo » na capital metamorfoseada, pois de fato Paris também era, neste dia, « arlequinal », « cinza e ouro », « luz e bruma »…

Mas, enfim, que artista de rua — Brasileiro de Belleville tomado de saudade, Parisiense lusófilo ? — pode ter tido a ideia inesperada de afixar ali este ícone anônimo ? Quantos, entre os transeuntes desavisados, terão identificado o personagem ? Não sei. (Pois, deve-se admitir, brilham com uma aura bem diferente os grafites um pouco mais notórios de Che, de Rimbaud ou de Pessoa…) Uma dúvida me atormenta, de repente : Teria o artista multiplicado por toda Paris a carinha intempestiva de Mário de Andrade ? Dera-lhe, em muros vizinhos, a companhia de outros poetas, escritores ou artistas brasileiros ? Busca-se testemunhas.

DEPOIS DO PASSEIO : estamos nos ocupando da finalização da edição francesa de Pauliceia desvairada, já há algum tempo anunciada, com outros textos (teóricos e críticos) do mesmo autor, em 2 volumes.

   * * *   

Enquanto se espera, cada um exigirá, na sua livraria, as traduções dos romances Amar, verbo intransitivo e Macunaíma, as notas de viagem d’O Turista aprendiz, a antologia La Poésie du Brésil, pelos poemas selecionados por Max de Carvalho, ou ainda o longo ensaio sobre a poesia de Luís Aranha em anexo no Cocktails, deste último : http://boisbresilcie.blogspot.fr/2010/11/qui-connait-luis-aranha.html.)

(Além disso, e nos asseguramos disto antes que ela se esfarele totalmente, a afígie deu sua muda benção ao trabalho promissor de uma tradutora inspirada, a quem deveremos, em breve, a leitura dos Contos novos em françês.)


(Tradução do francês por Edilson Oliveira de Carvalho.)

14 mars 2014

Là où il faut être

Musique et poésie
du Brésil*

Lecture par Irène Jacob
et Rita Maubert
Piano : Andrea Corazziari

vendredi 4 avril à 21h
Amphithéâtre Richelieu, Université Paris-Sorbonne
(17 rue de la Sorbonne, Paris 5e)

« Invitation à un voyage sensoriel et à la célébration d’une démesure propre au Brésil, à l’image de la musique et de la poésie du Brésil. Irène Jacob, en français, et Rita Maubert, en portugais, nous proposent une brassée de poèmes accompagnée au piano par Andrea Corazziari.
Les textes sont issus de La Poésie du Brésil. Anthologie du XVIe au XXe siècle établie par Max de Carvalho, Magali de Carvalho et Françoise Beaucamp aux éditions Chandeigne.
Œuvres de Heitor Villa-Lobos, Claudio Santoro, Christian Lauba. »

Événement organisé dans le cadre du Festival Raccord(s) (à l’initiative des Éditeurs Associés) et avec le partenariat du département de Portugais – Université Paris-Sorbonne.

Entrée libre sur réservation
auprès du service culturel de l’université :
agenda-culturel@paris-sorbonne.fr
ou 01 40 46 33 72

http://lesediteursassocies.com/webshop/festival


* En librairie :
La Poésie du Brésil, Anthologie du XVIe au XXe siècle
Édition bilingue
Choix, présentation et traduction de Max de Carvalho,
en collaboration avec Magali de Carvalho et Françoise Beaucamp, et avec la participation d'Ariane Witkowski, Isabel Meyrelles, Inês Oseki-Dépré, Patrick Quillier et Michel Riaudel
Éditions Chandeigne (Paris), « Bibliothèque Lusitane », 2012, 1512p., 42€ 

2 mars 2014

Là où il faut être - Printemps des poètes

Rencontre
autour de la collection
« Commun’art »
des éditions
Le Temps des Cerises

mercredi 19 mars à 19h30
 à la Mairie du 2e arrondissement
(8, rue de la Banque, Paris)


La jeune collection « Commun’art », dirigée par Juliette Combes-Latour aux éditions Le Temps des Cerises, entend proposer des textes inédits ou introuvables d’historiens, de critiques, de poètes ou d’artistes, comme autant de contributions à une histoire sociale de l’art.

Parmi les cinq titres publiés, deux sont déjà consacrés au poète russe Vladimir Maïakovski : L’amour, la poésie, la révolution (2011), édition et traduction d’Henri Deluy, regroupant les poèmes La flûte de vertèbres, J’aime, De ça et Vladimir Ilitch Lénine, avec des « Adresses à Vladimir » par H. Deluy et des illustrations d’Alexandre Rodtchenko ; et Théâtre (2013), édition de Claude Frioux regroupant les pièces La Punaise, Bains publics et Moscou brûle, dans les traductions de C. Frioux, Marianne Gourg-Antuszewicz et Irène Sokologorsky, avec divers documents iconographiques.
Un autre donne à lire et à voir l’avant-garde mexicaine de Manuel Maples Arce, avec Stridentisme ! Poésie & Manifeste (1921-1927) (2013), édition et traduction d’Antoine Chareyre, avec une iconographie collective (Jean Charlot, Leopoldo Méndez, Alva de la Canal, fac-similés divers…). Un autre Paris et ses poètes, Le Baladin de Paris (2012) de Charles Dobzynski, poèmes illustrés de photographies de Louis Monier. Et enfin l’art abstrait, avec le recueil de chroniques de Roger Bordier, Quand triomphait l’art abstrait (2009), premier volume paru dans la collection…
Une soirée pour découvrir, donc, une production éditoriale qui met notamment en regard la poésie et les autres arts.

Événement programmé par l’association La Scène du Balcon dans sa 11e « Saison de lecture », en lien avec la thématique du 16e Printemps des Poètes (du 8 au 23 mars) : « Au cœur des arts ».

Avec la participation
de Juliette Combes-Latour,
d'Henri Deluy,
et du traducteur de Maples Arce.

Entrée libre et gratuite
Réservation au 01 42 96 34 98
ou par e-mail : scenedubalcon3@aol.com

Présentation des titres de la collection sur le site de l’éditeur :
http://letempsdescerises.net/

20 février 2014

Copinage pan-latino-américain (3) - Là où il faut être

Le public ne demande rien, n’exige rien,
pour mieux dire nous n’avons pas de public.
Il faut l’improviser. Nous l’improvisons.
(Manuel Maples Arce)


Présentation du livre
Stridentisme !
de Maples Arce*

# causerie du traducteur
# lecture bilingue par les poètes Francis Combes et Pablo Urquiza
# débat et verre de l’amitié

# mercredi 26 février à 19h30
à la Librairie Delamain
(155 rue Saint Honoré, Paris 1er)

Entrée libre


*En librairie :
Manuel Maples Arce, Stridentisme ! Poésie & Manifeste (1921-1927)
Edition bilingue & illustrée
Textes réunis & établis, traduits de l’espagnol (Mexique), présentés & annotés par Antoine Chareyre
Le Temps des Cerises (Paris), coll. « Commun’art », 16 x 16 cm, 372p., 25€

18 février 2014

Dans la presse française - 12

Recension — en portugais — du volume Pathé-Baby d’António de Alcântara Machado, par Cristina Duarte-Simões dans le n°2 (2013) de la revue Reflexos (Revue pluridisciplinaire du monde lusophone), exclusivement en ligne :
http://e-revues.pum.univ-tlse2.fr/sdx2/reflexos/article.xsp?numero=2&id_article=article_02duarteok-848

 

30 janvier 2014

Là où il faut être

Présentation
du livre
La Poésie du Brésil*

avec la participation
de Max de Carvalho
(responsable de l’anthologie)
et des écrivains Eva Almassy
et Santiago Almigorena

mardi 4 février à 19h
à l’Instituto Cervantes
(7 rue Quentin Bauchart, Paris 8e)

entrée libre



* En librairie :
La Poésie du Brésil, Anthologie du XVIe au XXe siècle
Édition bilingue
Choix, présentation et traduction de Max de Carvalho,
en collaboration avec Magali de Carvalho et Françoise Beaucamp, et avec la participation d’Ariane Witkowski, Isabel Meyrelles, Inês Oseki-Dépré, Patrick Quillier et Michel Riaudel
Éditions Chandeigne (Paris), « Bibliothèque Lusitane », 2012, 1512p., 42€

16 janvier 2014

Vient de paraître


Modernisme brésilien
et histoire de lart :
une mise en perspective


La revue scientifique et semestrielle de l
’Institut National d’Histoire de l’Art, Perspective, la revue de l’INHA (Actualités de la recherche en histoire de l’art), consacre l’intégralité de son dernier numéro (2013-2) au Brésil : « L’histoire de l’art qui se forge au Brésil embrasse une variété d’objets exigeant des approches ambitieuses et expérimentales. Débattant avec les conventions historiographiques, elle se révèle ici connectée aux mondes anciens, nouveaux, parallèles et à venir puisquelle réinvente les catégories fécondes de l’art, des artefacts, de l’archéologie, du modernisme, du patrimoine, du baroque, du musée… »

Parmi les différentes approches et thématiques proposées, on lira en particulier l’article dAna Paula Cavalcanti Simioni (docteur en sociologie et enseignante-chercheuse à l’Instituto de Estudos Brasileiros de l’Universidade de São Paulo, IEB-USP), « Le modernisme brésilien, entre consécration et contestation » (p.325-342, traduit du portugais par Carlos Spilak ; texte intégral disponible en ligne à partir de juin 2015 sur revues.org).
L’art moderniste brésilien, « à la fois objet de dévotion et de rejet », « se présente comme un fait culturel d’une importance sans pareille pour le domaine artistique brésilien ». L’auteur analyse ainsi « le processus social qui a élaboré cette consécration », selon trois phases caractéristiques : « l’émergence de l’histoire de l’art moderne au Brésil », contemporaine du mouvement lui-même (1920-1940) ; « l’institutionnalisation de la valeur des œuvres et des artistes », portée, dans les années 1960 et 1970, par le milieu universitaire, les acquisitions officielles et les stratégies du marché de l’art ; enfin, depuis les années 1970, un « révisionnisme critique des limites formelles, politiques et historiques de ce mouvement ».

Un abrégé dhistoire de la production et de la réception de l’art moderniste qui devrait donc permettre au lecteur français d’interroger notamment la place acquise par Tarsila do Amaral, depuis son activité pionnière jusquà sa fétichisation nationale — tandis que l’on peut enfin voir sa fameuse Cuca dans le nouvel accrochage du Centre Pompidou, parmi d’autres toiles des artistes de la même génération.
En matière littéraire, souvent, il ne faut pas sattendre à trouver chez les historiens de lart des vues très sûres ni des informations de première main*, mais les analyses proposées par lauteur seront utilement appliquées, dans leurs grandes lignes, au destin de la littérature moderniste elle-même, alors que les récentes célébrations du centenaire de la Semaine d’Art Moderne de 1922 ont été par exemple l’occasion, pour un Nelson Ascher, de s’en prendre vigoureusement, et peut-être non sans raison, au canon établi en la matière (le nativisme de Mário de Andrade et dOswald de Andrade…), au gré d’une histoire littéraire nationale faite elle aussi d’institutionnalisation et de révisions critiques…

Perspective, la revue de l’INHA, 2013-2 (décembre), « Le Brésil », 422p., 25€
Référence et renseignements : http://perspective.revues.org/



* Je lis, horresco referens, cette mention p.328 : « le roman de Mário de Andrade Pauliceia desvairada »
(Il s’agit, bien sûr, d’un recueil de POÉSIE, et de la meilleure ! Si un universitaire brésilien peut sembler l’ignorer— ce qui en dit long sur le très incomplet processus d’institutionnalisation de la poésie moderniste, justement... —, on s’assure du moins que le lecteur français puisse bientôt en juger texte en main.)

30 décembre 2013

Copinage pan-latino-américain (2) - Là où il faut être

Présentation
du livre Stridentisme !
de Maples Arce*

avec la participation
de Serge Fauchereau,
de Juan Manuel Bonet
et du traducteur

Mercredi 15 janvier à 19h à l’Instituto Cervantes
(7 rue Quentin Bauchart, Paris 8e)

Entrée libre


*En librairie :
Manuel Maples Arce, Stridentisme ! Poésie & Manifeste (1921-1927)
Edition bilingue & illustrée
Textes réunis & établis, traduits de l’espagnol (Mexique), présentés & annotés par Antoine Chareyre
Le Temps des Cerises (Paris), coll. « Commun’art », 16 x 16 cm, 372p., 25€

29 octobre 2013

Dans la presse française 11 (reprise)

Belle et précise recension du volume Pathé-Baby dAntónio de Alcântara Machado, par le critique et universitaire brésilien Augusto Massi dans les « Notes de lecture » de la revue Europen°1012-1013 d’août-septembre (p.349-351).



Rappel des titres

Autour du Modernisme brésilien représenté dans les sections « Anthropophagie » et « Futurisme international », actuellement dans l’exposition « Modernités plurielles » du Centre Pompidou, un petit rappel bibliographique…


L'Anthropophagie, encore... (2)

Pour célébrer à sa manière la section « Anthropophagie », actuellement dans l’exposition « Modernités plurielles » du Centre Pompidou, le blog Bois Brésil & Cie redonne sans commentaire, ici-même, son...

Petit historique
des
traductions françaises
du
Manifesto antropófago
d’Oswald de Andrade
pour servir
aux esprits compulsifs.

Revista de Antropofagia (SP), n°1, mai 1928.

1) par P. F. de Queiroz-Siqueira, dans la Nouvelle Revue de Psychanalyse, n°6, juin 1972, « Destins du cannibalisme » ;

2) par Erdmute Wenzel White, dans E. W. White, Les années vingt au Brésil : le Modernisme et l’avant-garde internationale, Paris, Éditions hispaniques, « Thèses, mémoires et travaux », 1977 ;

3) par Béatrice de Chavagnac, dans B. de Chavagnac/ O. de Andrade,  Premier volume de la Grande Encyclopédie « Miam-Miam » qui traite, pour cette fois, du Cannibalisme, Paris, Le Couteau dans la Plaie, 1979 ;

4) par Jacques Thiériot, dans : a) Europe, n°599, mars 1979, « Le modernisme brésilien » (org. par Pierre Rivas) ; b) O. de Andrade, Anthropophagies, Paris, Flammarion, « Barroco », 1982 ; c) Modernidade : art brésilien du XXe siècle (catalogue d’exposition), Paris, Association française d'action artistique, 1987 ; d) Art dAmérique latine, 1911-1968, Paris, Centre Georges Pompidou, 1992 ; e) [en un large extrait qui vaut presque rééd.] Antje Kramer (éd.), Les grands manifestes de l’art des XIXe et XXe siècles, Beaux Arts éditions, 2011 ;

5) par Benedito Nunes, dans Luís de Moura Sobral (org.), Surréalisme périphérique, Université de Montréal, 1984 ;

6) par David Sanson et Danielle Schramm, dans Mouvement, n°36-37, sept.-déc. 2005, dossier « Brésil » ;

7) par [Cédric Vincent ?], dans O. de Andrade, Manifestes, présentation de Cédric Vincent, Bordeaux, Didier Lechenne / Galerie Cortex Athletico, « Tract, archives manifestes », 2006 [tract hors commerce ; voir www.lechenne.fr] ; 

8) par Michel Riaudel, dans Papiers (Revue du Collège international de philosophie), n°60, sept. 2008, « Brésil-Europe : repenser le mouvement anthropophagique »
{parution en ligne exclusivement : http://www.ciph.org/fichiers_papiers/Papiers60.pdf} ;

9) par Silveane Lucia Silva, dans S. L. Silva, « L’anthropophagisme » dans l’identité culturelle brésilienne, L’Harmattan, « Pouvoirs comparés », 2009 ;

10) par Lorena Janeiro, dans O. de Andrade/ Suely Rolnik, Manifeste anthropophage/ Anthropophagie zombie, Montreuil-sous-Bois, Blackjack éditions, « Pile ou face », 2011.

Là où il faut être

Les modernistes brésiliens
au Centre Pompidou !

À l’occasion, le blog Bois Brésil & Cie a pu évoquer l’histoire de l’unique toile de Tarsila do Amaral conservée en France, A Cuca (1924), se proposant de « militer pour que cette toile quitte un peu la réserve du Musée de Grenoble et en regagne les cimaises », tout en remarquant son absence parmi les documents anecdotiques rassemblés tout récemment autour de l’artiste, dans le cadre de « Nouvelles vagues » au Palais de Tokyo, « un timide retour à Paris pour Tarsila, mais qui indique peut-être, au sein d’une exposition collective de ce type, que sa notoriété tend à être acquise, dans les institutions et circuits culturels internationaux ».
On ne croyait pas si bien faire, car la revoilà, enfin, visible au public, et qui plus est en belle compagnie, au cœur d’un événement muséologique dont le propos dit assez dans quelles conditions le Modernisme brésilien semble pouvoir s’installer dans notre imaginaire culturel contemporain, et inversement, à quelles révisions théorico-critiques cette intégration peut participer dans le domaine de lhistoire de lart, ce qui serait d’ailleurs la conséquence logique des revendications des Brésiliens eux-mêmes, qui furent pleinement conscients de leur position et de leur action stratégique, dans le système internationalement hiérarchisé de l’art comme dans la république mondiale des lettres.

Tarsila, A Cuca (1924)


Le Musée National d’Art Moderne du Centre Pompidou propose actuellement une nouvelle présentation de sa collection moderne, un accrochage qui, sous le titre « Modernités plurielles », « privilégie une approche ouverte et enrichie de l’art de 1905 à 1970. Tous les continents sont représentés dans cette sélection comprenant plus de 1000 œuvres et près de 400 artistes, qui opère un rééquilibrage des différentes régions du monde pour proposer une géographie élargie de l’art. Le parcours intègre ainsi, aux côtés des différents courants européens de l’art, les expressions artistiques qui se sont développées aux États-Unis, en Amérique latine, en Asie, au Moyen-Orient ou en Afrique. Cette lecture de l’histoire de l’art remet aussi en lumière un certain nombre d’esthétiques et d’artistes injustement négligés. […] elle montre à la fois le déploiement international des grandes impulsions modernistes et les expressions artistiques issues de régions jusqu’alors tenues pour périphériques. »

Il n’est pas certain que ce « regard nouveau », somme toute bien dans l’air du temps, et prétendument « informé par les recherches menées dans les différents champs de la connaissance », tienne ici toutes ses promesses, notamment en raison d’un rassemblement empirique, et donc un peu arbitraire, des œuvres exposées. Mais voilà qu’il nous réserve une section « Anthropophagie », placée sous l’ascendant idéologique d’Oswald de Andrade et entièrement consacrée au Modernisme brésilien. C’est dans cette salle que trône, avec un mur pour elle seule, la toile de Tarsila do Amaral ordinairement déposée au Musée de Grenoble : A Cuca (1924), huile sur toile de 72 x 100 cm conservée avec son cadre en bois et peau de serpent réalisé par le décorateur Pierre Legrain pour la première exposition individuelle de l’artiste, à la Galerie Percier, à Paris, en 1926, dont le catalogue est présenté en vitrine (ainsi que celui de la deuxième exposition parisienne de Tarsila, en 1928). D’autres artistes non moins emblématiques de la génération moderniste brésilienne l’y accompagnent : Vicente do Rego Monteiro, avec A caçada (1923), O menino e os bichos (1925) et Le buveur (1925) ; Emiliano Di Cavalcanti avec une Danse populaire brésilienne (1937) ; Lasar Segall avec Un atelier de peintre avec une accordéoniste (1937) et Lucy (Retrato de Lucy VI) (1936). Sur les murs, quelques citations emblématiques : des propos épistolaires de Mário de Andrade (exhortant Tarsila la Parisienne, en 1923, à abandonner l’avant-garde française pour rebrésilianiser son art : « Tarsila, Tarsila, reviens en toi-même. Abandonne Gris et Lhote. Abandonne Paris. Tarsila ! Tarsila ! Reviens dans la forêt vierge. »), des revendications de Flavio de Carvalho, un extrait du Manifesto da Poesia Pau Brasil (1924) d’Oswald de Andrade, sans oublier une reproduction grand format des pages de la Revista de Antropofagia contenant son Manifesto antropófago (1928)… Les éléments de contextualisation sont bien chiches et tel quel, l’ensemble demeure assez peu lisible. Encore une fois, c’est essentiellement sous le signe de l’Anthropophagie (plus vendeur ?) que l’on croit devoir présenter, en l’y réduisant excessivement, le Modernisme brésilien, mais quelle pertinence y a-t-il à rassembler des œuvres disparates, datées de 1923 à 1937, autour d’un sous-courant moderniste (le plus radical, certes) qui n’a opéré en tant que tel qu’en 1928 et 1929 ?

Un peu plus loin, la section « Futurisme international » nous rappelle encore la contribution brésilienne à l’histoire de l’avant-gardisme mondial. Une vitrine donne à voir la revue Klaxon (1922), le premier organe du groupe moderniste de São Paulo, qui ne se revendiquait pas « futuriste », mais « klaxiste » (ainsi que le précise une citation affichée sur le mur de la salle, tirée de l’édito du n°1 de la revue, un texte désigné parfois comme le « Manifeste Klaxon », et vraisemblablement rédigé par Mário de Andrade). Heureuse surprise, enfin, dans l’une des citations mises en exergue sur les murs de cette section : 3 vers tirés du « Poème Pythagore » (1922) de Luis Aranha (cité, c’est entendu, d’après la traduction française de Cocktails parue en 2010 aux éditions La Nerthe, même si les commissaires se dispensent de donner leur source) :

« Mon cerveau et mon cœur piles électriques
Arcs voltaïques
Explosions »

Resté longtemps inédit, illustre inconnu aujourd’hui encore dans son propre pays et à présent promu, sur les cimaises parisiennes (si ce n’est dans les librairies), comme un poète emblématique du futurisme mondialisé, Luis Aranha poursuit discrètement mais surement son cheminement vers la consécration posthume…


Exposition : « Modernités plurielles, 1905-1970 » (commissaire général : Catherine Grenier ; commissaires associés : Clément Chéroux, Cécile Debray, Michel Gauthier, Aurélien Lemonier), Centre Pompidou (niveau 5), du 23 octobre 2013 au 31 décembre 2014.
Catalogue : C. Grenier (dir.), Modernités plurielles, 1905-1970, 256p., 300 ill. (album, même titre, 60p., 100 ill.).

29 septembre 2013

Tupi or not tupi (in Paris)

Retour sur le modernisme de deux Brésiliens de Paris, dans un récent article de l’universitaire américain Kenneth David Jackson, « Des cannibales à Paris : le primitivisme satirique d’Oswald de Andrade et de Vicente do Rego Monteiro », paru dans l’ouvrage collectif dirigé par Vanda Anastacio, Saulo Neiva et Gilda Santos, LAtlantique comme pont : LEurope et lespace lusophone (XVIe-XXe siècle), Clermont-Ferrand, Presses Universitaires Blaise Pascal, coll. « Littératures », 2013, p.65-78.
(Référence : http://www.msh-clermont.fr/spip.php?article3440.)

L’occasion de donner ici-même quelques pages, pour les amateurs, des Quelques visages de Paris du peintre (et poète) Rego Monteiro, un curieux ouvrage publié dans la capitale en 1925, en même temps que s’y imprimait la poésie de Pau Brasil d’Oswald de Andrade (à propos de laquelle Kenneth D. Jackson, s’adressant ici aux lecteurs francophones, n’a pas tout à fait actualisé sa bibliographie).