24 août 2016

Qui (re)connaît Maples Arce ?

Mais ?! n’est-ce pas le poète stridentiste Manuel Maples Arce, en bonne place & en bonne compagnie sur une toile de Ramón Alva de la Canal, El Café de Nadie, bientôt accrochée dans l’exposition « Mexique, 1900-1950 » (du 5 octobre au 23 janvier) au Grand Palais ?

(Et n’est-ce pas ce même tableau, dans une première version aujourdhui perdue, qui se trouve reproduit dans l’ouvrage Stridentisme ! Poésie & manifeste (1921-1927) du même Maples Arce, une édition bilingue & illustrée parue au Temps des Cerises en 2013 ?)


22 août 2016

Vous avez dit stridentisme ?

Prochainement s’ouvrira au Grand Palais l’exposition « Mexique, 1900-1950 » (du 5 octobre 2016 au 23 janvier 2017), organisée par le Museo Nacional de Arte de Mexico et la RMN.
On lit dans le dossier pédagogique de lexposition, « Le Mexique des renaissances », que « cette manifestation offre un panorama d’artistes célèbres tels que Diego Rivera, Frida Kahlo ou Rufino Tamayo » mais que « d’autres moins connus en Europe sont également représentés ». En somme, « le parcours dresse un constat de la bouillonnante créativité artistique du pays tout au long du XXe siècle. »

Sans aucun doute (en témoigne l’entretien avec Agustín Arteaga, commissaire de l’exposition), cet événement vient refléter chez nous une assez récente ouverture, dans l’histoire de l’art et la muséographie mexicaines, à la diversité des avant-gardes nationales au-delà de lofficiel muralisme — autorisant notamment, pour ce qui concerne les années 1920, une redécouverte du stridentisme.
Ainsi lit-on, dans le même dossier (pédagogique !) :

« Le groupe stridentiste, ainsi appelé à cause du grand bruit que celui-ci a suscité dans l’opinion publique des années 1920, présente une alternative originale. »

Ça commence bien.
Le petit groupe formé autour de Manuel Maples Arce n’a pas été ainsi baptisé, par on ne sait qui et on ne sait quand, « à cause du grand bruit […] suscité dans l’opinion publique ».
C’est Maples Arce lui-même, encore isolé d’ailleurs, qui employa les termes estridencia, estridentismo et estridentista dès son premier manifeste, le « Comprimido estridentista » diffusé fin 1921 dans la revue-placard Actual (n°1).

Tant pis pour l’approximation.
On ira voir avec intérêt les témoignages de stridentisme et les œuvres de Ramón Alva de la Canal, Germán Cueto ou encore Jean Charlot, non pas des artistes stridentistes (il n’y eut pas à proprement parler d’école stridentiste dans les arts) mais des artistes aux parcours propres qui se trouvèrent collaborer aux ouvrages, aux revues et aux quelques événements promus par le mouvement de Maples Arce. De ce point de vue, le clou sera peut-être la fameuse toile d’Alva de la Canal, El Café de Nadie (huile sur toile et collage, 2e version), qui représente Maples Arce entouré de ses comparses Germán List Arzubide, Salvador Gallardo, Arqueles Vela, Germán Cueto et le peintre.

En attendant, on peut toujours consulter l’ouvrage :

Manuel Maples Arce
Poésie & manifeste
(1921-1927)

Édition bilingue & illustrée
Traduction de l’espagnol (Mexique),
présentation & notes par Antoine Chareyre
Le Temps des Cerises (Montreuil)
coll. « Commun’art », 2013, 372 p., 25€


Qu’on se le dise, & qu’on lise !

18 mai 2016

Le Mexique, invité d'honneur du Marché de la Poésie

AVIS AU PEUPLE — L’inopportun Maples Arce NE sera PAS dans la délégation des 8 Mexicains invités d’honneur du 34e Marché de la Poésie (Place Saint-Sulpice, Paris 6e, 8-12 juin 2016), qui a ce goût très sûr de n’accueillir que des poètes vivants, si possible jeunes & pourquoi pas inédits en français. ÉVITEZ les tables encombrées de la « Librairie mexicaine » du stand 502, FUYEZ les lectures & causeries bondées sur la scène du Marché, SOYEZ D’AVANT-GARDE & FAITES LE CHOIX DE L’originalité en vous rendant sur le stand des éditions Le Temps des Cerises & EN EXIGEANT LE LIVRE :


Manuel Maples Arce
Poésie & manifeste
(1921-1927)

Édition bilingue & illustrée
Traduction de l’espagnol (Mexique),
présentation & notes par Antoine Chareyre
Le Temps des Cerises (Montreuil)
coll. « Commun’art », 2013, 372 p., 25€


*
Maples Arce : le poète mexicain
mondialement salué par la critique française !

*

Nota bene :

Dans un texte de présentation diffusé par le Marché de la Poésie, « Les troublants échos de la poésie mexicaine » (lisible ici), Philippe Ollé-Laprune se fait le troublant écho, je veux dire le continuateur d’une longue tradition critique, en mentionnant le groupe stridentiste de Maples Arce (actif, comme tel, de 1922 à 1927) comme un « contrepoint » à l’activité des « plus brillants poètes de ce temps, regroupés autour de la revue Contemporáneos » (laquelle n’apparut qu’à la fin de la même décennie…).

& écrit ceci : « […] avant-garde joueuse et provocatrice, influencée par les futuristes italiens, mais ancrée dans le local. Maples Arce et List Arzubide sont deux des auteurs les plus marquants de ce mouvement qui fait figure d’exception dans un paysage poétique peu porté sur les ruptures. Mais la qualité de leur production ne leur permet pas d’espérer une descendance marquante. »

C’est-à-dire qu’elle serait… médiocre, la « qualité de leur production » ?

Un début de commencement de preuve du contraire dans les pages du volume Stridentisme ! paru en 2013, à la faveur d’une curiosité mal placée des éditions Le Temps des Cerises…

& bientôt dans :

Kyn Taniya
Radio, avion, etc.
Poésie incomplète de Luis Quintanilla
(1917-1934)
– traduction française en préparation –

&

Germán List Arzubide
Le mouvement stridentiste
(1926)
– traduction française en préparation –


Qu’on se le dise, & qu’on lise !

(Le sourire du poète,
qui se trouve très sympathique.)

12 mai 2016

Là où il faut être - rappel

La petite exposition-dossier « Oswald de Andrade, passeur anthropophage », inaugurée en janvier au cœur des collections modernes du Centre Pompidou (Musée national d’art moderne, niveau 5, traverse 4) et organisée par Leonardo Tonus, Mathilde Bartier et Julie Champion, se poursuit jusqu’au 31 août.

Encore quelques mois, donc, pour voir des toiles rares de Tarsila do Amaral (A Cuca, de 1924, avant qu’elle ne regagne la réserve du Musée de Grenoble…), Vicente do Rego Monteiro, Di Cavalcanti et Flávio de Carvalho, des documents emblématiques (la revue Klaxon de 1922, le Manifesto antropófago de 1928, des catalogues d’exposition de Tarsila à Paris), des archives relatives au modernisme brésilien et ses relations avec l’avant-garde parisienne (coupures de presse, photographies, correspondances…), et des éditions originales comme celle du recueil Pau Brasil, parfois dédicacées par Oswald de Andrade.


Et pendant ce temps, on peut toujours lire Bois Brésil (Poésie et manifeste) d’Oswald de Andrade, avec les illustrations de Tarsila, volume paru aux Éditions de la Différence en 2010 — et dont des extraits ont été lus par Leonardo Tonus lors de la soirée « Museum Live » du 14 janvier.

Qu’on se le dise !




2 avril 2016

Là où il fallait être

Une conférence sur le stridentisme !

Ô foule avide, ô très nombreux lecteurs & amateurs du poète mexicain Maples Arce, votre besoin d’érudition est impossible à rassasier.

Ruez-vous donc sur la conférence du jeune chercheur Vincent Zonca (doctorant, ENS-Lyon) : « Urbe (1924) de Manuel Maples Arce, le “super-poème” de l’avant-garde stridentiste : fondations, héritages, ruptures ».
(Communication prononcée le 4 juin 2015, à Toulouse, dans le cadre du colloque international « Ars Poetica : Formes & traditions du poème long dans les Amériques ».)

La vidéo se trouve ici,  seule, & , avec l’intégralité du colloque. Ou encore ci-contre.

Rappelons que le texte intégral de Urbe (Super-poème bolchevique en 5 chants) est lisible en français dans le volume Stridentisme ! Poésie & manifeste (1921-1927) publié en 2013 dans la collection « Commun’art » des éditions Le Temps des Cerises.

Qu’on se le (re)dise !



4 mars 2016

Faux & usage de faux 2 - Une dédicace

La réédition fac-similé du recueil Pau Brasil, procurée il y a de cela un an par les éditions A Bela e o Monstro (Lisbonne), nous apporte une de ces grandes petites trouvailles propres à exciter l’intérêt des oswaldophiles.
La reproduction a été réalisée en effet sur un exemplaire qui se trouve orné de la dédicace autographe que voici :


[POUR BACHARACH POète OSW / ALD COMMERçant / 15-1-27 / São Paulo]

…où se confirme, dans la plaisante interpolation des statuts poète/commerçant, la propension d’Oswald à trouver de la poésie partout, et à définir corollairement la « poésie bois brésil » comme une (bonne) affaire commerciale.
(Au passage cette dédicace nous indique toutefois qu’en janvier 1927, Oswald de Andrade en était encore à distribuer lui-même, parmi ses proches et relations diverses, les exemplaires de l’édition sortie en juillet/août 1925 des presses du Sans Pareil, à Paris.)

René Bacharach & Tarsila do Amaral
(Fazenda Santa Teresa do Alto, 1927)
Le dédicataire, le Français (René) Bacharach apparaît parfois, mais plus que succinctement, dans les études critiques et biographiques autour d’Oswald de Andrade.
Rencontré vraisemblablement à Paris, il fut de passage au Brésil vers 1927-1928, et on le vit frayer alors parmi les hôtes de la Fazenda Santa Teresa do Alto, villégiature champêtre du couple Oswald-Tarsila, « Tarsiwald »…
L’historienne d’art Aracy A. Amaral (dans sa biographie Tarsila, sua obra e seu tempo, 1975) indique, d’après un témoignage tardif de Tarsila do Amaral elle-même, que « le surréaliste français René Bacharach […] discutait du surréalisme avec Oswald de Andrade, qui n’était pas d’accord avec lui ».

L’étiquette surréaliste appliquée à ce Bacharach me semble plus que sujette à caution (il n’apparaît nullement, par exemple, dans la base du site de l’APRES, Association pour la Recherche et l’Étude du Surréalisme). Du moins était-il personnellement lié, il est vrai, à certains membres du groupe surréaliste, comme Benjamin Péret (qui allait apparaître lui-même comme un compagnon de route éphémère du mouvement anthropophage) : sans doute un riche amateur… C’est certainement le même « René Bacharach » qui fut le propriétaire (à une époque qui reste à déterminer) des magasins « Aux 1000 cravates », et l’on sait le goût d’Oswald et de son épouse d’alors pour la mode parisienne. (Le nom fut encore porté par un grand écuyer (1903-1991) par ailleurs amateur de poésie et connaisseur de la langue portugaise.)

De qui s’agissait-il, exactement ? On attend de plus amples informations.

Bacharach (?) avec Oswald de Andrade (chantant),
Tarsila (sous l'ombrelle) & Mario de Andrade (au piano)
(Fazenda Santa Teresa do Alto, 1927)

27 février 2016

Faux & usage de faux

Une bonne nouvelle pour les bibliophiles impécunieux par ailleurs amateurs de littérature brésilienne.

On s’en avise : fin 2014, les éditions portugaises A Bela e o Monstro (de Lisbonne) lançaient la série « 800 anos de literaturas em português : 8 países, 15 obras fundamentais da lusofonia », promue comme une « colecção de 1as edições facsimiladas, algumas verdadeiras pérolas de raridade ».



Ô surprise : en janvier 2015, le volume 14 de cette collection n’était autre que le recueil Pau Brasil d’Oswald de Andrade — une « véritable perle de rareté », en effet, publiée en 1925 à Paris, à l’enseigne du Sans Pareil grâce à l’entremise de Blaise Cendrars, avec la couverture superbe (de design et d’intelligence conceptuelle) et les illustrations internes de Tarsila do Amaral.

Rappelons quau Brésil, le chercheur Jorge Schwartz s’en était déjà chargé, incluant l’opus emblématique d’Oswald de Andrade dans la belle Caixa modernista (coéditée en 2003 par les presses de l’USP et de l’UFMG), un coffret proposant des fac-similés de divers documents relatifs au modernisme brésilien — et devenu lui-même une autre « perle de rareté ».

Enfin, voilà qui en dit assez sur la valeur symbolique acquise par la « poésie bois-brésil » d’Oswald de Andrade…

Et pendant ce temps, à Paris même, au Centre Pompidou, dans l’exposition-dossier « Oswald de Andrade, passeur anthropophage » (sous la responsabilité de Leonardo Tonus), on expose prétendument un exemplaire de l’édition princeps du même Pau Brasil — exemplaire qui n’est en l’occurrence, c’est assez visible, qu’un jeu de photocopies relié de l’édition originale ! (On y reviendra.)

Qu’importe, lisez donc Bois Brésil, dans sa traduction française !

13 janvier 2016

Là où il faut être


Où seront lus des « textes poétiques » (nous dit-on, mais lesquels ?) de l’indispensable auteur du sous-estimé Bois Brésil et du quelque peu tarte-à-la-crémeux Manifeste anthropophage



« Museum Live »
(Soirée au Centre Pompidou)


« Au cœur du musée, cette soirée vous invite, entre amis, à découvrir la création “live” et sous toutes ses formes : rencontres inédites avec des artistes et créateurs, performances, concerts et projets collaboratifs pour faire l’expérience de l’art en temps réel.
Cette soirée Museum Live fait la part belle à la performance. De 19h à 21h, au rendez-vous : lectures de poèmes par des comédiens, performances musicales par les élèves de la classe Jazz et musique improvisée du Conservatoire national supérieur de danse et de musique de Paris, ateliers éphémères de dessin sur modèles vivants proposés par le collectif Dr Sketchy’s Anti-Art School et interventions scientifiques par des conservateurs et restaurateurs…
La soirée Museum Live du 14 janvier rend hommage aux grands auteurs ayant participé aux mouvements des avant-gardes du 20e siècle et exposés dans les salles dossiers du Musée inaugurées à cette occasion. Des textes poétiques de Blaise Cendrars, Francis Ponge, Gertrude Stein, Robert Lebel, André Breton, Oswald de Andrade, Alain Jouffroy, Aimé Césaire seront, entre autres, lus par Baia Medhaffar, Eye Hadaira et Anne Consigny. »

Soirée « Museum Live »
le jeudi 14 janvier, de 19h à 21h,
au Centre Pompidou
(Musée national d’art moderne, niveau 5)

Entrée gratuite dans la limite des places disponiblessur présentation d’une contremarque à retirer le jour même à partir de 18h dans le Forum du Centre Pompidou ou à la Bpi.
Dernier accès 20h30.

7 janvier 2016

Là où il faut être

Ana Paula Cavalcanti Simioni, professeure à l’Institut d’Études Brésiliennes de l’université de São Paulo (IEB-USP) et actuellement invitée du Département d’Histoire et théorie des arts de l’ENS, donne ce mois de janvier un cycle de 4 conférences intitulé « Du Brésil à la France, de la France au Brésil : un siècle de relations artistiques. Une approche politique, sociale et esthétique (1816-1922) ».

Ce cycle se conclura, comme il se doit, par une séance consacrée au cas du modernisme : « La dimension internationale des avant-gardes nationales : artistes brésiliens à Paris dans les années 1920, les enjeux pour la consécration d’une “modernité périphérique” ».

Où l’on entendra parler, assurément, de Tarsila do Amaral, d’Oswald de Andrade — à qui il est parallèlement rendu hommage au Centre Pompidou, dans le nouveau cycle d’expositions-dossiers du Musée national d’art moderne —  et consorts.

Séance : 
mardi 26 janvier, 10h30-12h30
ENS, Dép. d’Histoire & Théorie des Arts
Salle des Actes, 45 rue d’Ulm

23 décembre 2015

Là où il faut être

Prochainement : Oswald de Andrade au Centre Pompidou – Prochainement : Oswald de Andrade au Centre Pompidou – Prochainement : Oswald de Andrade au Centre Pompidou – Prochainement : Oswald de Andrade au Centre Pompidou – Prochainement : Oswald de Andrade au Centre Pompidou – Prochainement : Oswald de Andrade au Centre Pompidou – Prochainement : Oswald de Andrade au Centre Pompidou – Prochainement : Oswald de Andrade au Centre Pompidou – Prochainement : Oswald de Andrade au Centre Pompidou – Prochainement : Oswald de Andrade au Centre Pompidou – Prochainement : Oswald de Andrade au Centre Pompidou – Prochainement : Oswald de Andrade au Centre Pompidou – Prochainement : Oswald de Andrade au Centre Pompidou – Prochainement : Oswald de Andrade au Centre Pompidou – Prochainement : Oswald de Andrade au Centre Pompidou – Prochainement : Oswald de Andrade au Centre Pompidou – Prochainement : Oswald de Andrade au Centre Pompidou – Prochainement : Oswald de Andrade au Centre Pompidou – Prochainement : Oswald de Andrade
au Centre Pompidou – Prochainement : Oswald de Andrade au Centre Pompidou – Prochainement : Oswald de Andrade au Centre Pompidou – Prochainement : Oswald de Andrade au Centre Pompidou – Prochainement : Oswald de Andrade au Centre Pompidou – Prochainement : Oswald de Andrade au Centre Pompidou – Prochainement : Oswald de Andrade au Centre Pompidou – Prochainement : Oswald de Andrade au Centre Pompidou – Prochainement : Oswald de Andrade au Centre Pompidou – Prochainement : Oswald de Andrade au Centre Pompidou – Prochainement : Oswald de Andrade au Centre Pompidou – Prochainement : Oswald de Andrade au Centre Pompidou – Prochainement : Oswald de Andrade au Centre Pompidou – Prochainement : Oswald de Andrade au Centre Pompidou – Prochainement : Oswald de Andrade au Centre Pompidou – Prochainement : Oswald de Andrade au Centre Pompidou – Prochainement : Oswald de Andrade au Centre Pompidou – Prochainement : Oswald de Andrade au Centre Pompidou !

11 décembre 2015

Pagu dans la presse brésilienne & française, hier & aujourd'hui...

Comment lire, comment recevoir, dans le Brésil des années 1930, le premier « roman prolétaire » publié dans le pays ? Comment assimiler une figure comme celle de Pagu ?
Comment lire, comment transmettre, dans la France de ce début de XXIe siècle, un « roman prolétaire » d’un autre temps, venu du Brésil ?

D’un contexte l’autre, la critique se débrouille.

Double dossier de presse sur le roman Parc industriel


25 novembre 2015

Dans la presse belge

C’est ce qu’on appelle un critique perspicace et toujours à l’abri du ridicule.

Ci-après, à propos des traductions d’Oswald de Andrade et Sérgio Milliet, ce qu’écrivit tantôt et sans trembler un certain Jacques Crickillon (1940-), écrivain et poète belge, professeur d’Histoire des littératures au Conservatoire royal de Bruxelles et membre de l’Académie royale de Langue et de Littérature française de Belgique.

Il sera rituellement dévoré, c’est entendu, lors du prochain banquet anthropophage.

Le brésilien Oswald de Andrade fut, dans la première moitié du XXe siècle, à São Paulo, le très actif et radical propagandiste (sans beaucoup de succès [sic]) du modernisme en poésie. Plusieurs longs séjours en Europe, et surtout à Paris, l’avaient fortement marqué, ce qui lui fut l’occasion de côtoyer Jules Romains, Valéry [sic] Larbaud, Cocteau, Morand, Satie, et en particulier Blaise Cendrars. Le présent ouvrage rassemble des poèmes et des déclarations-manifestes. Pour Oswald, la poésie doit bannir l’idée et le lyrisme au profit de la réalité quotidienne moderne, avec ses mouvements populaires, ses modes, ses objets usuels. C’est dire que la traduction de ses poèmes ne risque pas de bercer les âmes sensibles [sic]. Le livre est doté d’un appareil critique d’une extraordinaire (et exagérée ?) ampleur.
(Lectures (La revue des bibliothèques),
Service général des Lettres et du Livre de la Fédération Wallonie-Bruxelles,
n°169, janvier-février 2011.)

Totalement cosmopolite, le brésilien Sérgio Milliet, orphelin de mère, quitte São Paulo dès son plus jeune âge pour Genève, où il fait ses études, puis s’engage dans l’écriture. Poète, il collabore à diverses revues confidentielles, puis publie régulièrement dans la revue anversoise Lumière dirigée par François Avermaete. Il ne cessera de se déplacer, Paris, Bruxelles, le Brésil, s’agitant beaucoup [sic] dans les cercles modernistes. Bilingue parfait, il écrit d’abord en français, puis, à la fin de sa vie [sic], en portugais. Le présent volume rassemble l’essentiel de son œuvre poétique et divers textes de réflexions critiques. Si l’on peut trouver là un certain intérêt historico-philologique, l’œuvre se révèle sans grande valeur, mêlant modernisme sans vigueur [sic] et sentimentalisme superficiel [sic].
(Lectures (La revue des bibliothèques),
n°170, mars-avril 2011.)

25 octobre 2015

Cendrars au Brésil et dans le monde entier

Le tout récent n°53 (automne 2015) de Feuille de routes (bulletin de l’Association internationale Blaise Cendrars) propose un dossier intitulé « Blaise Cendrars, traduction littérale et “traduction culturelle” ».
On pourra y lire, pourquoi pas, l’étude de Friedrich Frosch« Cendrars apprend à parler portugais et s’auto-traduit : portrait du bourlingueur en personnage d’écran dans deux longs métrages de fiction brésiliens » (p.117-151), où l’on croise bien sûr Oswald de Andrade, Tarsila do Amaral, Mário de Andrade, Paulo Prado…
(Non sans regretter, peut-être, que les textes d’Oswald de Andrade disponibles en français n’aient guère été exploités, ni même signalés, alors même que le manifeste et le recueil Bois Brésil sont à présent lisibles dans une riche édition critique, et que le Manifesto antropófago a déjà été traduit une dizaine de fois.)
C’est l’occasion, aussi, de voir ou revoir le beau film de Joaquim Pedro de Andrade, O homem do pau brasil (1981), inspiré de la vie et des écrits d’Oswald de Andrade (et disponible en DVD sous-titré).

Dans le même dossier, les hispanophiles et tous ceux qui savent l’importance des actes de réception et autres échanges internationaux propres aux avant-gardes historiques, auront intérêt à lire l’article de Marie-France Borot, « Les traversées espagnoles de Blaise Cendrars poète » (p.89-115), qui consiste pour une part en une utile et méritoire incursion dans le riche monde des revues littéraires espagnoles des années 1910 et 1920, l’époque du mouvement ultraïste dont Guillermo de Torre et consorts traduisaient à tour de bras et commentaient avec un égal appétit toutes les nouveautés poétiques et théoriques françaises.
(À cet égard, ceux qui n’ignorent pas l’importance d’une date, dans l’histoire des avant-gardes, voudront bien noter que la traduction de Profond aujourd’hui par Guillermo de Torre, signalée comme parue en septembre 1926 dans Mediodía (Séville, n°4), en réalité fut publiée une première fois en septembre 1921 dans Cosmópolis (Madrid, n°33). Accessoirement — mais rien n’est ici accessoire —, la traduction de ce texte permit à Cendrars de se voir citer dès le mois de décembre 1921 dans le fameux manifeste de fondation du Stridentisme mexicain, le « Comprimido estridentista » de Manuel Maples Arce, et implicitement en 1924 dans un vers de Urbe, super-poema bolchevique en 5 cantos du même Maples Arce, tous textes édités en français dans le volume Stridentisme! de 2013)

23 septembre 2015

Pro domo

Mário de Andrade, chroniqueur et conscience militante du modernisme, ferraillant dur contre une critique locale hostile, n’observait-il pas dès 1923, depuis São Paulo et avec quelque présomption :
« La célébrité des modernistes est aujourd’hui définitive et indiscutable. Leurs noms ont pénétré […] les capitales européennes. Ils sont traduits en France » ?
Alors qu’approche, sûrement, le centenaire de la Semaine d’Art Moderne (1922), session inaugurale de l’avant-garde brésilienne, peut-on dire que ce propos aura fini par être autre chose qu’une belle fanfaronnade ?

Traduits, les modernistes brésiliens ? On y travaille.
Lus ? Commentés ?
De septembre 2010 à septembre 2015, ce fut somme toute, autour d’une première poignée de traductions en volume, une bonne vingtaine d’articles.

Bilan en forme de dossier de presse, à l’enseigne symbolique de la « poésie d’exportation » d’Oswald de Andrade…




N. B. : Attention, un poète mexicain est monté clandestinement dans le convoi.

16 septembre 2015

Dans la presse française

Magnifique recension du roman Parc industriel de Patricia Galvão (Pagu), par Odile Hunoult, en pleine page de la Nouvelle Quinzaine littéraire n°1135 (16-30 septembre), sous le titre « Le “roman prolétaire” de Pagu », p.22.

On vous le disait ici-même : pendant la rentrée littéraire, il faut lire les livres parus au mois de mars.



2 septembre 2015

Lancement Pagu (31)

C’est, dit-on, la rentrée littéraire. Le moment rêvé pour ouvrir les livres négligés et néanmoins parus depuis le début de l’année. Dans la catégorie « premier roman étranger », par exemple, Parc industriel (1933) de Patrícia Galvão (Pagu).
Une vieille photographie de Hildegard Rosenthal, oubliée dans la bibliothèque du traducteur et retrouvée par hasard, nous en évoque les premières lignes, toutes paulistaines et revendicatives…

Hildegard Rosenthal, Bonde na Praça dos Correios (30x40cm, ca. 1940).
Inscription sur le tramway :
« São Paulo é o maior centro industrial da América latina. »

« São Paulo est le plus grand centre industriel de l’Amérique du Sud : les employés des tissages déchiffrent le crâne impérialiste de la “crevette” qui passe. La petite Italienne matinale fait un bras d’honneur au tram. Elle défend sa patrie.
– C’est ce qu’on dit ! Le plus grand c’est le Brás ! »



(P. Galvão (Pagu),
Parc industriel (roman prolétaire),
trad. du portugais (Brésil) par Antoine Chareyre,
Montreuil, Le Temps des Cerises, 2015,
chap. « Métiers à tisser », p. 15.)

19 mai 2015

Là où il faut être

Amis des avant-gardes américaines !
Rendez-vous à Toulouse ce jeudi 4 juin à 15h50 tapantes pour entendre causer du stridentiste mexicain Maples Arce !

Dans le cadre du colloque international « Ars Poetica : Formes et traditions du poème long dans les Amériques » (organisé les 4-6 juin à la Bibliothèque d’Études Méridionales, 56 rue du Taur), Vincent Zonca (doctorant à l’ENS de Lyon) donnera une conférence intitulée « Urbe (1924) de Manuel Maples Arce, le “super-poème” de l’avant-garde stridentiste : fondations, héritages, ruptures ».

Qu’on se le dise.

20 avril 2015

12 avril 2015

Dans la presse française

Mais qui ose donc situer Pagu, azimutalement, quelque part entre Zola, Félix Fénéon, Léon Frapié et Roberto Arlt ?
C’est bien sûr Éric Dussert, qui a lu Parc industriel et en rend compte dans Le Matricule des Anges n°162 de ce mois d’avril.